Marine Le Pen a officialisé ce mardi, à la veille de l’audience cruciale de la cour d’appel, sa volonté de former un « ticket gagnant » avec Jordan Bardella pour l’élection présidentielle de 2027. Dans une déclaration publique, la triple candidate à l’Élysée a présenté le président du Rassemblement national comme son futur Premier ministre, scellant ainsi une stratégie de couple exécutif qu’elle entend imposer quel que soit le verdict judiciaire.

« Nous formons un binôme complémentaire et solide », a-t-elle affirmé, en insistant sur la complémentarité entre son expérience et la jeunesse de son partenaire. Mme Le Pen a également balayé les interrogations sur une éventuelle inéligibilité, se disant confiante dans l’issue de la procédure et assurant qu’elle resterait candidate même en cas de confirmation de la condamnation en première instance.

Un duo exécutif déjà rodé

Les deux figures du parti d’extrême droite multiplient les apparitions communes depuis plusieurs semaines. Jordan Bardella, qui préside le RN depuis 2022, a lui aussi récemment évoqué la perspective d’une cohabitation où il occuperait Matignon. Ce schéma, calqué sur le modèle de la Ve République, vise à rassurer les électeurs sur la capacité du parti à gouverner.

Cette prise de parole intervient alors que la cour d’appel doit se prononcer dans les prochaines heures sur le dossier des assistants parlementaires européens. En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ferme, et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. La décision en appel pourrait soit confirmer cette peine, soit l’infirmer ou la modifier, avec des conséquences directes sur sa candidature.

Un message d’unité et de détermination

En réaffirmant son tandem avec Jordan Bardella, Marine Le Pen cherche à dissiper toute incertitude sur la ligne du parti et à montrer que le RN reste uni derrière son duo dirigeant. « Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités », a-t-elle déclaré, en appelant les Français à « ne pas se laisser dicter leur choix par une décision de justice ».

Cette sortie intervient également après plusieurs semaines de tensions internes, certains cadres ayant exprimé des réserves sur la stratégie de communication autour du procès. En recentrant le débat sur l’alternative politique qu’elle incarne avec Bardella, la candidate espère mobiliser son électorat et faire de cette échéance judiciaire un argument de campagne.

Les scénarios possibles

Si la cour d’appel confirmait l’inéligibilité avec exécution provisoire, Marine Le Pen ne pourrait pas se présenter en 2027. Dans ce cas, le parti devrait désigner un autre candidat, Jordan Bardella apparaissant comme le successeur naturel. Mais la candidate insiste sur le fait qu’elle mènera la bataille jusqu’au bout et que le duo Le Pen-Bardella est la seule offre crédible pour « redresser la France ».

En attendant, le Rassemblement national peaufine ses réseaux diplomatiques et ses propositions économiques, tout en gardant un œil sur l’horizon judiciaire. La déclaration de ce mardi constitue une pièce supplémentaire dans la stratégie de normalisation du parti, qui entend se présenter comme une force de gouvernement prête à exercer le pouvoir.