L'accord entre Téhéran et Washington franchit une étape décisive. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a donné son approbation au protocole d'entente conclu à distance avec l'administration américaine, selon des informations officielles. Parallèlement, les autorités iraniennes ont dévoilé le texte intégral de l'accord, qui comporte quatorze points, mettant fin à plusieurs semaines de spéculations sur sa teneur.

Un feu vert politique de la plus haute instance

La validation par le guide suprême, qui détient l'autorité ultime en Iran sur les questions stratégiques, était attendue pour sceller définitivement l'engagement de la République islamique. Ce feu vert intervient alors que des négociateurs iraniens et américains sont arrivés en Suisse pour des discussions techniques. L'approbation de l'ayatollah Khamenei confère à l'accord une légitimité interne difficile à contester, même si des voix discordantes se sont fait entendre au sein de la classe politique iranienne.

Les quatorze clauses détaillées

Le protocole, dont le texte a été rendu public par Téhéran, s'articule autour de plusieurs piliers. Voici les principaux engagements tels qu'ils ressortent du document officiel :

  1. Levée des sanctions : Les États-Unis s'engagent à lever une série de sanctions économiques et financières visant l'Iran. La mise en œuvre de cette mesure sera progressive et conditionnée au respect des autres clauses.

  2. Détroit d'Ormuz : La libre circulation des navires, notamment pétroliers, est garantie dans cette voie maritime stratégique. Téhéran s'engage à ne pas entraver le passage, tandis que Washington lève le blocus naval imposé précédemment. Des pétroliers iraniens ont déjà traversé le détroit après la levée du blocus américain.

  3. Programme nucléaire : Le dossier nucléaire est renvoyé à des négociations ultérieures. L'accord prévoit une dilution des stocks d'uranium enrichi détenus par l'Iran, sans exiger pour l'instant un démantèlement des installations.

  4. Cessez-le-feu régional : Un cessez-le-feu est instauré entre Israël et le Hezbollah au Liban, sous la pression combinée des États-Unis et de l'Iran. Cette trêve est présentée comme précaire mais nécessaire pour amorcer une détente.

  5. Négociations futures : Une deuxième phase de pourparlers est prévue, portant sur des sujets plus sensibles comme le programme balistique iranien et les activités régionales de Téhéran.

Les autres clauses concernent des mécanismes de vérification, des échanges de prisonniers potentiels, la reprise des vols commerciaux, la facilitation des transferts financiers, la protection des minorités religieuses, la coopération humanitaire, le déminage dans certaines zones de conflit, le retour des réfugiés et la mise en place d'une commission de suivi bilatérale.

Des réactions contrastées

L'opposition iranienne a exprimé son désarroi face à ce qu'elle considère comme une capitulation. Plusieurs figures politiques ont critiqué l'accord, estimant qu'il ne garantit pas les intérêts nationaux et qu'il fragilise la position régionale de l'Iran. En revanche, les partisans de l'accord y voient une opportunité de sortir de l'isolement économique.

Prochaines étapes

Les négociateurs sont désormais réunis en Suisse pour finaliser les modalités techniques de la mise en œuvre. La levée des sanctions devrait intervenir dans les semaines à venir, tandis que les discussions sur le nucléaire et le programme balistique sont repoussées à une phase ultérieure. Le gouvernement américain a confirmé la publication officielle du protocole, après des annonces préliminaires de son vice-président.

L'accord, bien que fragile, marque un tournant dans les relations entre les deux pays, qui n'avaient pas connu de telle avancée diplomatique depuis plusieurs années.