Un pas vers la désescalade

Les États-Unis et l’Iran ont conclu un accord-cadre visant à mettre un terme à près de quatre mois de conflit, ont confirmé des responsables des deux capitales. Donald Trump a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi, sur son réseau Truth Social, que l’accord avec « la République islamique d’Iran » était « finalisé ». Le président américain a immédiatement évoqué la « réouverture du détroit d’Ormuz », lançant : « Que le pétrole coule à flots ! ». Téhéran a confirmé l’information peu après par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabad, qui a détaillé la teneur de l’entente.

Les termes de l’accord

Selon le vice-ministre iranien, le protocole prévoit « premièrement, la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ». L’accord doit être signé par les deux parties à Genève le vendredi 19 juin. Une fois ratifié, « les négociations débuteront dans un délai de soixante jours en vue de parvenir à un accord définitif », a précisé Kazem Gharibabad. Le texte prévoit également la levée du blocus américain contre l’Iran et la réouverture du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le transport pétrolier. En revanche, le sort du programme nucléaire iranien est laissé en suspens et fera l’objet des futures discussions.

Des réactions divergentes

Les deux camps se présentent comme victorieux de cet accord. Bertrand Besancenot, diplomate et ancien ambassadeur de France au Qatar et en Arabie saoudite, a livré son analyse sur la portée de l’entente. De son côté, Elvire Fabry, directrice du programme « Commerce et sécurité économique » à l’Institut Jacques Delors, a souligné que l’accord-cadre laisse en suspens la question nucléaire iranienne. Sur le terrain, le président français Emmanuel Macron, en marge de l’ouverture du G7 à Évian, a insisté sur la nécessité d’un « cessez-le-feu robuste et durable » au Liban, où l’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth dimanche. Benyamin Netanyahou n’a pas encore réagi officiellement à l’annonce.

Un processus en deux temps

L’entente scellée à Genève ouvre ainsi une phase de discussions plus larges. Si la cessation des hostilités et la réouverture du détroit sont actées, les négociations à venir devront aborder les sanctions économiques et le programme nucléaire iranien, des sujets qui avaient conduit à l’échec des précédentes tentatives de rapprochement entre les deux pays. La communauté internationale observe avec attention ce processus en deux temps, qui pourrait redessiner les équilibres au Moyen-Orient.