Le processus de rapprochement entre Washington et Téhéran a franchi une étape décisive mercredi 17 juin 2026 avec la signature, à distance, du protocole d’entente par les deux chefs d’État. Le président américain Donald Trump, en déplacement à Évian pour le sommet du G7, a apposé sa signature sur le document, comme l’a confirmé un responsable de la Maison-Blanche qui a diffusé une vidéo du républicain aux côtés du président français Emmanuel Macron. Côté iranien, le président a également signé électroniquement le texte.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a précisé à l’agence Irna que les signatures électroniques des deux présidents finalisaient le « protocole d’accord d’Islamabad ». Il a ajouté qu’une cérémonie officielle n’avait « pas vraiment sa place » selon Téhéran, justifiant le choix de la signature à distance par la volonté d’assortir l’accord de conséquences plus lourdes en cas de non-respect, compte tenu des expériences passées.

Le gouvernement suisse avait initialement annoncé qu’une signature solennelle se tiendrait vendredi dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne dominant le lac de Lucerne. Téhéran avait fait savoir que le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le vice-président américain, J.D. Vance, y assisteraient. La procédure finalement retenue écarte ce projet.

Dans le cadre de cet accord, Téhéran s’engage à diluer son uranium enrichi en vue de futures négociations, tandis que Washington lève les sanctions qui frappent l’Iran. Le texte prévoit également la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que cet accord « acte l’échec des États-Unis », une formulation qui illustre les divergences d’interprétation entre les parties.

La signature électronique par les plus hauts responsables des deux pays confère au document une dimension politique forte, même si une cérémonie publique a été écartée. Les prochaines semaines devraient permettre d’évaluer la mise en œuvre effective des engagements pris, notamment en matière de dilution des stocks d’uranium et de levée des restrictions économiques.