Une signature à distance
Le protocole d’entente entre les États-Unis et l’Iran a été paraphé mercredi 17 juin 2026 par les deux chefs d’État, chacun depuis un lieu différent. Le président américain Donald Trump a signé le document en France, au château de Versailles, où il effectuait une visite officielle. Le président iranien Massoud Pezeshkian a apposé sa signature à Téhéran, selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Donald Trump a confirmé l’opération devant la presse en quittant le château, déclarant : « Je viens de le signer. » Une vidéo diffusée par la Maison-Blanche le montre aux côtés du président français Emmanuel Macron, le pouce levé. Ce dernier a également salué l’accord, estimant qu’il « ouvre la voie à une paix durable et permet la réouverture du détroit d’Ormuz ».
Les engagements immédiats
Le document prévoit une cessation immédiate des hostilités entre les deux pays et inclut le front libanais. Le détroit d’Ormuz sera « instantanément » rouvert, et le blocus américain des ports iraniens prendra fin « immédiatement », a détaillé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été décisive. Le blocus, en place depuis le déclenchement du conflit le 28 février, avait paralysé le trafic pétrolier dans cette voie maritime stratégique.
Des négociations techniques à venir
Selon Shehbaz Sharif, une cérémonie commémorative est prévue vendredi 19 juin en Suisse, à Genève, pour « donner le coup d’envoi des discussions techniques ». Ce rendez-vous doit permettre de préciser les modalités de la deuxième phase des pourparlers, qui porteront notamment sur la dilution de l’uranium enrichi iranien en échange de la levée des sanctions internationales.
Des réactions contrastées
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui dirigeait l’équipe de négociation, a déclaré que « cet accord acte l’échec des États-Unis » face à l’Iran. De son côté, le secrétaire général du Hezbollah libanais, Naïm Kassem, a qualifié l’accord de « grande victoire » pour l’Iran et a remercié Téhéran d’avoir insisté pour y inclure le front libanais. Il a appelé à « tirer profit » de cet accord pour « expulser Israël » du Liban et a exhorté le gouvernement libanais à mettre fin aux négociations directes avec Israël, entamées en avril sous l’égide de Washington.
Le président libanais Joseph Aoun a toutefois assuré que ce processus était « indépendant » de l’accord américano-iranien.
Un conflit meurtrier
Le conflit déclenché le 28 février par les États-Unis et Israël contre la République islamique a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. L’accord signé mercredi vise à mettre un terme à cette escalade militaire.