Le protocole d’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, dont la publication officielle était annoncée pour le 19 juin, a été divulgué dans son intégralité. Ce texte, fruit de plusieurs semaines de négociations, fixe les engagements immédiats des deux parties ainsi que le calendrier des discussions futures, notamment sur le dossier nucléaire. Il acte une détente diplomatique après des années de tensions.

Dilution des stocks d’uranium et renonciation à l’enrichissement

L’une des mesures centrales du protocole concerne le programme nucléaire iranien. Téhéran s’engage à diluer une partie significative de ses stocks d’uranium enrichi afin de revenir à un niveau inférieur au seuil de pureté nécessaire à la fabrication d’une arme atomique. Le texte précise que cette opération devra être achevée dans un délai de six mois, sous la supervision d’inspecteurs internationaux. En contrepartie, les sanctions économiques américaines imposées à l’Iran depuis 2018 seront progressivement levées, à commencer par le gel des avoirs iraniens à l’étranger et la réintégration de Téhéran dans le système financier international.

Le détroit d’Ormuz rouvert à la navigation iranienne

Le protocole prévoit également la fin du blocus naval américain dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique par laquelle transite environ un tiers du pétrole mondial. Les deux parties reconnaissent le droit de passage ininterrompu des navires iraniens, y compris les pétroliers, ce qui a déjà permis à deux bâtiments de Téhéran de traverser la zone sans entrave ces derniers jours. Ce volet du texte est présenté comme une mesure de confiance visant à stabiliser les marchés énergétiques et à réduire les risques de confrontation militaire.

Sanctions iraniennes : un allègement conditionnel

Washington s’engage à lever les sanctions secondaires qui frappaient les secteurs pétrolier, bancaire et des transports iraniens. Toutefois, cette levée est progressive et reste liée à la vérification du respect des clauses du protocole par l’Iran. Un mécanisme de suivi conjoint, impliquant des experts des deux pays, sera mis en place pour évaluer la conformité tous les trois mois. En cas de manquement, les sanctions pourront être rétablies.

Négociations nucléaires reportées à une deuxième phase

Le document confirme que la question du programme nucléaire dans son ensemble – notamment la limitation de l’enrichissement et la surveillance des sites – n’est pas réglée par ce protocole. Les parties renvoient ces discussions à une deuxième phase de pourparlers, qui devrait s’ouvrir dans les six mois suivant l’entrée en vigueur de l’accord intérimaire. Les médiations pourraient impliquer d’autres acteurs régionaux et internationaux.

Réactions et mise en œuvre

Des responsables américains ont qualifié ce texte de « première étape essentielle » vers une normalisation des relations, tandis que la diplomatie iranienne a salué une « victoire diplomatique » permettant de lever l’isolement du pays. Les deux capitales ont appelé à la retenue et à la mise en œuvre rapide des engagements pris. Le protocole sera officiellement rendu public le 19 juin, mais sa teneur est désormais connue dans les grandes lignes. Les prochaines semaines devraient être marquées par les premières mesures concrètes, notamment la dilution des stocks d’uranium et la reprise des échanges commerciaux via le détroit d’Ormuz.