Les États-Unis et l’Iran ont signé, ce week-end à Genève, un protocole d’accord qui met fin aux hostilités militaires directes et prévoit la réouverture prochaine du détroit d’Ormuz. Si ce premier volet constitue une avancée diplomatique majeure après des mois d’escalade, les deux parties conviennent que les divergences de fond demeurent nombreuses et que le véritable test se jouera dans une deuxième phase de négociations.

Un cessez-le-feu et une réouverture stratégique

Le texte, paraphé par les représentants des deux capitales, acte un arrêt des combats qui ont touché ces derniers mois le territoire iranien et les eaux du Golfe. En contrepartie, Téhéran s’engage à lever les entraves à la navigation dans le détroit d’Ormuz, passage vital pour environ un quart du pétrole mondial. Le secrétaire d’État américain a précisé que la levée des restrictions interviendrait « d’ici vendredi », permettant une reprise des flux pétroliers. Cette annonce a immédiatement fait reculer les cours du brut d’environ 4 % sur les marchés internationaux.

Les désaccords reportés

Loin de régler l’ensemble des contentieux, le protocole renvoie les sujets les plus sensibles à une seconde phase de discussions. Celle-ci devra aborder le programme nucléaire iranien, que Washington soupçonne de visées militaires, la question de l’influence régionale de l’Iran — notamment au Liban à travers le Hezbollah — et la sécurité du détroit d’Ormuz. Un responsable américain a souligné que ‘le véritable travail commence maintenant’ et que sans progrès tangibles sur ces dossiers, l’accord initial pourrait rester fragile.

Réactions contrastées

À Téhéran, le gouvernement du président réformateur Masoud Pezeshkian présente ce protocole comme une ‘victoire diplomatique’ et une étape vers la levée des sanctions économiques qui étranglent le pays. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a salué un ‘équilibre’ qui préserve les intérêts nationaux tout en ouvrant une perspective de désescalade. En revanche, les factions conservatrices et les Gardiens de la révolution expriment leur méfiance, estimant que cette première concession sur Ormuz n’a pas obtenu de garanties suffisantes sur le nucléaire ou le retrait des forces américaines de la région.

Du côté américain, l’administration Trump insiste sur le caractère contraignant des clauses de vérification. Le président américain a qualifié l’accord de ‘bon départ’ mais a prévenu que des ‘sanctions renforcées’ seraient immédiatement réimposées si l’Iran ne respectait pas ses engagements dans les prochains mois.

Enjeux régionaux et perspectives

La réouverture du détroit d’Ormuz devrait soulager les marchés énergétiques mondiaux, mais les analystes restent prudents. L’Iran continue de soutenir des groupes armés au Liban, en Syrie et au Yémen, ce que Washington considère comme une menace directe pour ses alliés israélien et saoudien. La deuxième phase de pourparlers, qui pourrait s’ouvrir dès la fin de l’été, devra donc concilier des positions jusqu’ici irréconciliables sur la sécurité régionale.

Le G7 en toile de fond

L’annonce intervient alors que le président américain se rend au sommet du G7 à Évian, où la question iranienne figure en tête de l’ordre du jour. Les partenaires européens, qui avaient tenté de préserver l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) avant son abandon par Washington en 2018, observent avec prudence ce nouvel arrangement bilatéral qui contourne en partie le cadre multilatéral.