Deux pétroliers iraniens ont effectué les premières traversées du détroit d’Ormuz depuis l’entrée en vigueur de l’accord américano-iranien, marquant ainsi la fin du blocus naval décrété par les États-Unis. Les navires, dont les identités n’ont pas été divulguées, ont franchi le passage stratégique sans être interceptés par les forces américaines, a-t-on appris de sources concordantes.
Ces transit interviennent quelques jours après la signature du protocole de Genève, un document en quatorze points qui prévoit notamment la libre circulation dans cette voie maritime empruntée par environ un tiers du trafic pétrolier mondial. Dans le cadre de cet accord, Washington s’est engagé à lever les restrictions navales imposées aux navires iraniens – une mesure qui avait été mise en place au plus fort des tensions bilatérales.
Un test réussi pour la première phase de l’accord
Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman, était devenu un point de friction majeur entre les deux pays. Les patrouilles américaines y avaient multiplié les inspections et les arraisonnements de bâtiments commerciaux iraniens, paralysant une partie des exportations de Téhéran. Les nouvelles traversées constituent un test grandeur nature de l’application des clauses maritimes du protocole.
Des responsables iraniens ont salué ces passages comme une victoire diplomatique. Un porte-parole du gouvernement a déclaré que « la souveraineté maritime de l’Iran est désormais pleinement reconnue par la partie américaine », ajoutant que d’autres navires suivraient dans les prochains jours. Aucune réaction officielle n’a encore été émise par l’administration américaine sur ces premiers transits, mais des sources proches des négociations confirment que la levée du blocus n’a souffert d’aucun retard.
Un corridor pétrolier rouvert
Au-delà de la symbolique, cette reprise de la navigation permet à l’Iran de rétablir ses exportations pétrolières, qui avaient chuté de près de 80 % pendant le blocus. Les analystes estiment que le retour des flux via Ormuz pourrait soulager le marché mondial, où les prix du brut restent élevés du fait des incertitudes géopolitiques. Le protocole de Genève prévoit en effet une période de transition de six mois pendant laquelle les mesures coercitives sont progressivement levées, donnant à Téhéran une fenêtre pour reconstituer ses parts de marché.
Les prochaines étapes : nucléaire et discussions régionales
Si la question du détroit semble réglée dans la première phase de l’accord, les négociateurs renvoient à des discussions ultérieures le dossier nucléaire iranien et la stabilisation du Liban. Les deux parties ont convenu d’entamer une deuxième phase de pourparlers dans les semaines à venir, sans calendrier précis pour l’instant. Ces futures discussions aborderont notamment la limitation du programme d’enrichissement d’uranium de Téhéran, sujet qui avait été soigneusement dissocié du volet maritime pour permettre la signature du protocole.
Les premières traversées offrent donc une preuve tangible que l’accord, bien que partiel, produit déjà des effets concrets sur le terrain. Reste à savoir si la confiance ainsi créée permettra d’avancer sur les dossiers bien plus épineux du nucléaire et des équilibres régionaux.