Plus de 48 heures après les deux séismes qui ont frappé le nord du Venezuela le 24 juin, les secouristes travaillent sans relâche dans les décombres des immeubles effondrés, alors que le pays tente de faire face à l'ampleur de la catastrophe. Un bilan provisoire établi par les autorités fait état d'au moins 32 morts et de plus de 700 blessés, un chiffre que la présidente par intérim Delcy Rodríguez a jugé provisoire, des experts ayant prévenu que le nombre de victimes pourrait se compter par milliers.
Deux secousses en moins d'une minute
Selon les données de l'Institut d'études géologiques des États-Unis, la première secousse, d'une magnitude de 7,2, a été enregistrée à une profondeur de 22 kilomètres, à l'ouest de Morón, à environ 168 kilomètres à l'ouest de Caracas. Moins d'une minute plus tard, un second séisme de magnitude 7,5, à une profondeur d'environ 10 kilomètres, a frappé la même zone. Les épicentres se situent dans l'État de Yaracuy.
La population a été prise de panique, comme en témoignent les vidéos tournées par des habitants, qui montrent des gens fuyant dans les rues alors que des bâtiments s'effondrent autour d'eux. De nombreuses personnes, terrifiées à l'idée de nouvelles secousses, ont refusé de regagner des structures encore debout, selon des témoignages recueillis sur place.
Des zones particulièrement touchées
La présidente par intérim a décrit La Guaira, principal port du pays situé au nord de Caracas, comme une « zone sinistrée ». Les équipes de secours y sont à l'œuvre pour tenter de sauver des vies. Dans la capitale, plusieurs immeubles résidentiels se sont effondrés, et les sauveteurs fouillent les gravats à la recherche de survivants. L'aéroport international Simón Bolívar de Caracas a dû fermer en raison des dommages subis. L'ambassade de France a également été touchée.
Près d'une vingtaine de répliques ont suivi les deux secousses principales, et des experts ont averti que d'autres secousses fortes pourraient survenir dans les jours à venir.
Une vague de solidarité internationale
Face à cette tragédie, les messages de condoléances et les offres d'aide affluent du monde entier. Le président argentin Javier Milei a exprimé « sa plus profonde solidarité » avec le peuple vénézuélien. Le président bolivien Rodrigo Paz a fait savoir que son pays reste « vigilant et prêt à fournir tout le soutien nécessaire ».
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a chargé son ministère des Affaires étrangères et l'ambassade à Caracas d'évaluer l'aide que le Brésil peut apporter. La Colombie a activé son équipe d'intervention d'urgence et s'est mise en relation avec les autorités vénézuéliennes pour « coordonner le soutien technique et opérationnel nécessaire ».
Cuba a annoncé que ses personnels de santé présents au Venezuela sont « pleinement mobilisés et fournissent des services médicaux à la population affectée », selon les déclarations du ministre cubain des Affaires étrangères. Washington a également proposé son aide.
Des témoignages poignants
Les récits des rescapés, recueillis par les équipes de secours, évoquent des scènes de chaos. Une femme, aperçue sur une photographie en train de réconforter un enfant dans une rue de Caracas, illustre le désarroi des familles. Un autre cliché montre des habitants soignant un blessé dans l'habitacle d'un véhicule, faute d'accès immédiat à un hôpital.
Alors que l'état d'urgence a été décrété et que les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent, la priorité reste de sauver les personnes encore piégées sous les décombres, pendant que le pays se prépare à faire face à d'éventuelles nouvelles répliques.