La candidate de droite Keiko Fujimori a été officiellement proclamée présidente du Pérou par l’autorité électorale compétente, après un long décompte des voix qui a suivi le second tour du scrutin. Selon les chiffres définitifs, elle recueille 50,13 % des suffrages, contre 49,86 % pour son rival de gauche, Roberto Sánchez. Le verdict met fin à des semaines d’attente et d’incertitude politique dans un pays marqué par une forte instabilité institutionnelle.
La liste électorale, après examen des bulletins contestés, a validé le résultat. La candidate, fille de l’ancien président Alberto Fujimori, décédé en 2024 après avoir été condamné pour violations des droits humains, a déclaré dans un message sur les réseaux sociaux que le Pérou s’approchait « de plus en plus d’une voie d’ordre et d’espoir pour tous les Péruviens ». Elle a promis de « rassembler le pays ».
Le vainqueur doit être officiellement investi dans les prochains jours, une fois que le Jury national des élections (JNE) aura rendu sa proclamation définitive, comme le prévoit la procédure. Cette annonce survient après un premier tour marqué par des problèmes logistiques ayant empêché certains électeurs de la capitale, Lima, de voter, ce qui avait nourri un sentiment de frustration.
Contestation de l’opposition
Roberto Sánchez refuse pour sa part de reconnaître le résultat. Il dénonce des irrégularités et des fraudes, sans toutefois fournir de preuves à l’appui de ses allégations. Il a appelé ses partisans à manifester pour « défendre le vote » et a annoncé son intention de déposer un recours en justice pour contester la proclamation officielle. Ces contestations s’inscrivent dans un climat de défiance croissante envers les institutions électorales au Pérou.
Un contexte politique fragile
L’arrivée au pouvoir de Keiko Fujimori ne semble pas devoir mettre un terme à la crise politique que traverse le pays depuis plusieurs années. Le Pérou a en effet connu neuf chefs d’État en l’espace d’une décennie, tous contraints à la démission ou destitués avant la fin de leur mandat. La confiance des citoyens dans le système électoral et les institutions a décliné, ce qui alimente les tensions post-électorales.
La nouvelle présidente hérite d’une situation économique difficile, avec une inflation persistante et des inégalités sociales marquées. Son programme de gouvernement, axé sur l’ordre et la sécurité, devra composer avec une opposition déterminée et une société civile exigeante. Le mandat qui s’ouvre s’annonce donc sous le signe de la défiance et des défis multiples pour la nouvelle administration.