L'exode des migrants d'Afrique du Sud se poursuit, alimenté par la vague de manifestations anti-étrangers qui a secoué le pays ces dernières semaines. Parmi les centaines de personnes contraintes de quitter le territoire sud-africain, plus d'une centaine de Zambiens ont regagné leur pays d'origine, laissant derrière eux des années de travail et de souvenirs.

Glenda Banda fait partie de ces rapatriés. Après avoir vécu dix ans en Afrique du Sud, où elle avait trouvé un emploi et fondé une famille, elle a dû fuir précipitamment, emportant seulement les vêtements qu'elle portait et son bébé attaché dans le dos. "Je suis venue avec seulement les habits que j'avais sur moi. Je n'avais pas de vêtements de rechange", a-t-elle confié.

Son calvaire a commencé lorsque des jeunes envoyés par le maire local se sont présentés chez elle pour exiger de son propriétaire qu'il l'expulse. "Le propriétaire a été forcé de mettre toutes nos affaires dehors et de verrouiller la maison. Nous avons dû fuir et tout laisser derrière nous", a-t-elle expliqué.

Des commerces pillés et des familles séparées

Bernadette Mwelwa, qui vivait en Afrique du Sud depuis plus de vingt ans, raconte une histoire tout aussi tragique. Elle a perdu à la fois son gagne-pain et la vie qu'elle s'était construite. "Même si vous étiez réfugié ou demandeur d'asile, du moment que vous étiez étranger, ils ne voulaient pas de nous là-bas", a-t-elle déclaré.

Mwelwa possédait un salon de coiffure, dont le maire a pris les clés. Elle avait confié la gestion d'un supermarché à son mari, de nationalité congolaise, mais le commerce a été pillé et tout a disparu. "Je ne peux pas retourner en Afrique du Sud parce que j'ai perdu beaucoup de choses", a-t-elle ajouté, évoquant également la séparation d'avec son époux.

Ces témoignages illustrent les conséquences dramatiques des violences xénophobes qui ont visé les ressortissants étrangers en Afrique du Sud. Les manifestations, parfois violentes, ont appelé au renvoi des migrants, provoquant un climat de peur et d'insécurité. De nombreux étrangers, parmi lesquels des Malawites, des Zimbabwéens et d'autres ressortissants de la région, ont déjà fui le pays.

Un climat de tensions persistantes

Les autorités sud-africaines avaient déployé un dispositif sécuritaire massif pour tenter d'endiguer les violences, mais les appels au départ des étrangers, lancés par certains groupes, ont poussé des milliers de personnes à quitter le territoire. Selon des informations concordantes, environ 25 000 migrants auraient déjà quitté l'Afrique du Sud avant l'échéance du 30 juin, date butoir fixée par des organisations anti-étrangers.

Les témoignages de Glenda Banda et Bernadette Mwelwa mettent en lumière la détresse des personnes contraintes de tout abandonner pour échapper aux persécutions. Alors que certaines familles ont été séparées, d'autres ont perdu tous leurs biens, sans perspective immédiate de retour.