Un décompte qui ne cesse de grimper

Le bilan officiel des séismes qui ont frappé le Venezuela la semaine dernière a atteint 1 719 morts, selon les autorités. Ce chiffre, basé sur le nombre de corps retirés des décombres, a augmenté de près de 300 unités par rapport à la veille, a précisé une porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies à Caracas, Jennifer Moreno Canizales. Celle-ci a ajouté que le nombre de victimes continue de croître et qu'il devrait encore augmenter dans les jours à venir.

Des estimations bien plus élevées

Cependant, ce bilan officiel pourrait n'être que la partie émergée de la tragédie. Deux médecins légistes travaillant à la morgue principale de Caracas estiment, sur la base du nombre de corps acheminés quotidiennement vers la morgue de La Guaira, que le nombre de morts avoisinerait plutôt les 4 000.

Le coordinateur résident des Nations unies pour le Venezuela, Gianluca Rampolla del Tindaro, a indiqué que l'organisation se procure 10 000 sacs mortuaires en coordination avec le gouvernement vénézuélien. « C'est l'hypothèse de travail, c'est très triste », a-t-il déclaré.

Des milliers de disparus

L'incertitude quant au nombre exact de victimes est également alimentée par l'absence de chiffre officiel ou fiable concernant les personnes portées disparues. Un site internet non officiel, sur lequel les Vénézuéliens peuvent signaler des disparitions, recense plus de 46 000 personnes toujours sans nouvelles. Ce chiffre, que les journalistes n'ont pu vérifier de manière indépendante, peut toutefois inclure des personnes simplement séparées de leurs proches.

Pour les secouristes chevronnés, ce nombre élevé de disparus est un signe inquiétant. « Il est difficile de contacter les gens, mais pas au point de ne pas pouvoir les joindre », a estimé Linda Hornisberger, présidente de REDOG, une association suisse de recherche et de sauvetage qui a déployé huit chiens et 88 intervenants d'urgence au Venezuela depuis vendredi. « Nous devons supposer que la plupart sont morts », a-t-elle ajouté.

Des opérations de secours sans aucun survivant

Mme Hornisberger a également indiqué que, malgré des quarts de travail de huit à douze heures depuis plusieurs jours, son équipe n'a pu sauver personne. Cette situation contraste avec les premiers jours qui ont suivi les séismes, où quelques rescapés avaient été extraits vivants des décombres.

Un bilan qui reste incertain

L'incertitude entourant le nombre de victimes est amplifiée par l'état des lieux : les décombres de nombreux immeubles résidentiels de grande hauteur sont tassés les uns contre les autres, et le manque d'engins lourds pour les déblayer rend difficile l'estimation du nombre de personnes encore piégées. Pour de nombreux Vénézuéliens, cette absence de chiffres fiables signifie une attente angoissante, alors qu'ils cherchent leurs proches, partagés entre l'incertitude et le refus d'envisager le pire.