Dans le prolongement des révélations sur les défaillances dans le traitement de la plainte de la famille de Lyhanna, le préfet de police a ordonné le départ de deux gendarmes et l'ouverture d'une enquête administrative. Cette décision fait suite à la remise d'un rapport d'inspection qui a mis en lumière des retards et des manquements dans le suivi de la procédure.

Des mesures disciplinaires immédiates

Les deux gendarmes concernés ont été écartés de leurs fonctions dans l'attente des conclusions de l'enquête administrative. Le préfet de police a justifié cette mesure par la nécessité de « garantir la sérénité des investigations » et de « répondre à l'exigence de confiance des citoyens envers les forces de l'ordre ». Les faits reprochés porter sur des négligences dans le traitement de la plainte déposée par la famille de la jeune fille, décédée dans des circonstances tragiques.

Un rapport d'inspection accablant

Le rapport d'inspection, remis au ministre des Armées Sébastien Lecornu, a mis en évidence plusieurs défaillances dans la chaîne de traitement de la plainte. Les enquêteurs ont notamment relevé des délais anormalement longs et un manque de coordination entre les différents services. Ce document a servi de base aux décisions annoncées par le préfet de police.

Une réponse politique

Parallèlement à ces mesures disciplinaires, le gouvernement a annoncé l'examen d'une « loi intégrale » contre les violences sexuelles à partir de septembre. Sébastien Lecornu a confirmé cette initiative, qui vise à renforcer la protection des victimes et à améliorer le traitement judiciaire des plaintes. Le texte devrait notamment prévoir des dispositions pour accélérer les procédures et mieux former les personnels chargés de recueillir la parole des victimes.

Un contexte de tensions

L'affaire Lyhanna a suscité une vive émotion dans l'opinion publique et provoqué des débats houleux au Parlement. La mère de la jeune fille a annoncé son intention de déposer une plainte contre l'État, dénonçant une série de dysfonctionnements. Plusieurs rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes pour réclamer justice et dénoncer l'inaction des institutions. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a pour sa part déploré ce qu'elle considère comme une « instrumentalisation » de ce drame.

Les suites attendues

L'enquête administrative ouverte par le préfet de police devra déterminer l'étendue exacte des responsabilités des deux gendarmes. Parallèlement, l'inspection générale de la gendarmerie nationale poursuit ses investigations. Le gouvernement a promis de tirer toutes les conséquences de ces travaux pour améliorer le système de protection de l'enfance et le traitement des violences faites aux mineurs.