Les tensions xénophobes connaissent une nouvelle escalade en Afrique du Sud. Le 10 juillet, des centaines de personnes ont participé à des rassemblements dans plusieurs métropoles du pays, répondant à l'appel du collectif March and March, qui milite contre l'immigration illégale. Ces manifestations, initialement présentées comme pacifiques, ont rapidement dérivé vers des violences ciblées. Des commerces appartenant à des ressortissants étrangers ont été saccagés et pillés, et plusieurs personnes ont été agressées.

Le mouvement March and March, dont l'influence ne cesse de croître ces dernières semaines, a annoncé vouloir organiser des défilés anti-immigration tous les sept jours, sans fixer de terme à cette mobilisation. Cette décision intervient après plusieurs actions déjà menées depuis la fin du mois de juin, marquées par des affrontements et des départs massifs de migrants.

Depuis l'ultimatum lancé fin juin par des groupes hostiles aux étrangers, qui exigeaient le départ de tous les sans-papiers avant le 30 juin, l'exode des migrants s'est accéléré. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, notamment en provenance du Malawi et de Zambie, ont déjà quitté le territoire sud-africain, fuyant les menaces et les violences. Les récents événements du 10 juillet risquent d'aggraver encore cette situation.

Les autorités sud-africaines, qui avaient déployé d'importants dispositifs sécuritaires lors de la journée du 30 juin, peinent à endiguer la flambée de violences xénophobes. La multiplication des attaques et l'annonce de manifestations récurrentes suscitent l'inquiétude parmi les communautés étrangères établies dans le pays, mais aussi au sein d'une partie de la population locale qui craint des débordements prolongés.

Les témoignages recueillis auprès de ressortissantes zambiennes ayant fui l'Afrique du Sud ces derniers jours illustrent le climat de peur. Plusieurs d'entre elles décrivent des menaces directes, des agressions et la destruction de leurs biens. Nombreuses sont celles qui ont tout abandonné pour regagner leur pays d'origine, sans perspective de retour à court terme.

L'ampleur du phénomène a des répercussions économiques notables : des commerces fermés, des entreprises de fret ayant suspendu leurs activités, et une main-d'œuvre qui se raréfie dans certains secteurs. Les autorités diplomatiques des pays voisins appellent à la retenue et à la protection des migrants, tandis que les organisations de défense des droits humains dénoncent une dérive xénophobe inquiétante.