Cédric Jubillar a de nouveau reconnu le meurtre de son épouse Delphine, cette fois face à la juge d'instruction en charge du dossier. Selon des informations recueillies à l'issue de cette audition, il a livré une version détaillée des circonstances du drame.
« Je voulais qu'elle se taise, je l'ai attrapée par le cou et j'ai serré », a-t-il déclaré devant la magistrate. Ces propos, rapportés par des sources proches de l'enquête, constituent les premiers aveux circonstanciés prononcés en présence d'un magistrat depuis le début de l'affaire.
Jusqu'alors, Cédric Jubillar avait nié toute implication dans la disparition de son épouse, avant d'envoyer une lettre à son avocat début juillet dans laquelle il reconnaissait les faits et se disait prêt à indiquer l'emplacement du corps. Ces nouvelles déclarations orales devant la juge marquent une étape supplémentaire dans la procédure.
L'audition, qui s'est déroulée dans le cadre strict de l'instruction, a duré plusieurs heures. Le principal suspect a répondu aux questions de la magistrate et de son conseil, sans être interrompu. Son avocat a confirmé que son client avait « vidé son sac » et souhaitait désormais collaborer avec la justice pour permettre de retrouver la dépouille de Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn).
Cette reconnaissance intervient après des mois de procédure marqués par des rebondissements. Cédric Jubillar, placé en détention provisoire depuis juin 2021, avait toujours clamé son innocence jusqu'à sa lettre de juillet. La défense avait alors indiqué que son client n'avait « jamais eu l'intention de tuer » et agissait sous le coup d'une dispute conjugale.
Les fouilles entreprises dans le Tarn la semaine dernière, à la suite des indications fournies par Cédric Jubillar, n'avaient pas encore permis de localiser le corps. Selon des sources judiciaires, ces nouvelles auditions pourraient fournir des éléments plus précis pour orienter les recherches.
L'avocat de la partie civile, représentant la famille de Delphine Jubillar, n'a pas souhaité commenter ces aveux devant la juge, indiquant que ses clients attendent désormais que les investigations aboutissent à la découverte du corps. « C'est la condition indispensable pour que la vérité soit pleinement établie et que la famille puisse faire son deuil », a-t-il déclaré.
L'enquête se poursuit sous l'autorité du pôle crimes non élucidés du parquet de Toulouse. Les prochains jours devraient voir se multiplier les actes d'investigation, notamment des confrontations et des reconstitutions, pour confronter les déclarations de Cédric Jubillar avec les éléments matériels déjà collectés.