Les autorités sanitaires européennes étaient en état d’alerte maximale vendredi alors que la canicule, entamée le 20 juin, poursuivait sa progression vers l’Est et le Sud du continent. Après avoir atteint des niveaux records en France et au Royaume-Uni, où les températures maximales pour un mois de juin ont été pulvérisées, la chaleur se dirige désormais vers l’Italie, où les premiers seuils de 40 °C étaient attendus ce week-end.

À Paris, le mercure est monté jusqu’à 40,9 °C mercredi, un record historique pour la capitale française. Bien que le reflux des températures soit prévu dans les prochains jours, les autorités redoutent un lourd bilan humain. « Il y aura des conséquences en termes de nombre de décès supplémentaires », a averti la ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, devant les journalistes.

Infrastructures mises à rude épreuve

Les infrastructures européennes ont montré des signes de fragilité face à cette chaleur extrême. En Allemagne, la chaussée de l’autoroute A2 s’est déformée et fissurée sur plusieurs voies dans la soirée de jeudi. En Autriche, la compagnie ferroviaire nationale a mis en garde contre un risque de déformation des rails dans les jours à venir. Même la Suède, habituellement épargnée par de tels phénomènes, n’a pas été épargnée : un train de marchandises a été signalé circulant sur des voies déformées par la chaleur. Au Royaume-Uni, des médecins ont rapporté que les équipements médicaux sensibles, tels que les scanners IRM, étaient perturbés par les températures élevées.

Annulations de festivals et restrictions

Face à la menace, les autorités ont pris des mesures de restriction sans précédent. À Paris, la préfecture de police a demandé aux organisateurs des grands rassemblements, dont le festival de musique Solidays, d’annuler leurs événements. Les organisateurs de la marche des fiertés (Pride) ont annoncé son report. En Belgique, la reconstitution historique de la bataille de Waterloo, prévue ce week-end pour commémorer la défaite de Napoléon en 1815, a été purement et simplement annulée en raison des conditions climatiques.

Dans plusieurs régions de France, des interdictions temporaires de vente d’alcool ont été décrétées pour limiter les risques sanitaires. Les routes goudronnées fondent sous l’effet de la chaleur, et les autorités multiplient les consignes de prudence.

Hôpitaux sous tension

Les services d’urgence hospitaliers sont submergés par un afflux de patients souffrant de déshydratation, de coups de chaleur ou de complications liées à des pathologies préexistantes. À Bordeaux, l’hôpital universitaire Pellegrin a dû renforcer ses équipes pour faire face à l’augmentation soudaine de la demande de soins. Les autorités sanitaires appellent la population à s’hydrater régulièrement et à limiter les activités physiques aux heures les plus chaudes.

Un phénomène climatique accéléré

Les scientifiques estiment que cette canicule est la plus grave jamais enregistrée en Europe, un continent qui se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale. Les records de juin tombent les uns après les autres, et la saison estivale ne fait que commencer. Les experts soulignent que de tels épisodes deviendront plus fréquents et plus intenses si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites.

Alors que la chaleur se déplace vers le Sud, l’Italie se prépare à des températures caniculaires. Les autorités italiennes avaient déjà placé plusieurs villes en alerte rouge dès le début de la semaine. La situation demeure critique dans plusieurs pays, et les prochains jours pourraient aggraver le bilan humain et matériel.