Les gouvernements israélien et libanais ont signé un accord-cadre à Washington au terme de plusieurs jours de négociations placées sous la médiation américaine. L'annonce, faite ce vendredi par le secrétaire d'État américain Marco Rubio, constitue une première avancée diplomatique concrète depuis le déclenchement des hostilités entre les deux pays, bien que le contenu précis de l'accord n'ait pas été divulgué.

« Cet accord commence à mettre en place un cadre pour une paix et une sécurité durables », a déclaré Marco Rubio, qualifiant le texte de « premier pas ». Il a ajouté que « c'est ce que ces deux nations méritent ». L'administration américaine voit dans cette signature une victoire pour la diplomatie de Donald Trump, alors même que les États-Unis mènent parallèlement des négociations complexes avec l'Iran, principal soutien du Hezbollah, après la prolongation d'un cessez-le-feu entre Téhéran et Washington.

Le Hezbollah, grand absent des discussions

L'accord-cadre ne concerne pas directement le Hezbollah, qui n'est pas partie prenante à la signature. Le mouvement chiite libanais, qui avait exigé ces derniers jours un retrait israélien « sans conditions » du sud du pays, n'a pas donné son aval au document. Il n'est pas certain que ses combattants acceptent de se retirer de la zone située au sud du fleuve Litani, comme le prévoiraient les termes du texte. Washington n'a pas précisé si des mécanismes de désarmement ou de contrôle du Hezbollah étaient inclus dans l'accord.

Le Hezbollah, allié de l'Iran, avait lancé des roquettes contre Israël le 2 mars en représailles à une frappe israélienne ayant tué le guide suprême iranien. Cette escalade avait entraîné une vaste campagne de bombardements israéliens sur le Liban et une invasion terrestre dans le sud du pays. Un précédent cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 16 avril n'avait pas stoppé les combats, et des affrontements quasi quotidiens ont continué à la frontière, chaque camp accusant l'autre de violations.

Des précédents fragiles

En juin dernier, Israël et le Liban étaient déjà parvenus à un accord pour renouveler leur cessez-le-feu et créer des « zones pilotes » de sécurité à l'intérieur du Liban, où les opérations du Hezbollah seraient interdites. Mais les combats n'avaient pas cessé. La nouvelle mouture de l'accord-cadre pourrait subir le même sort, d'autant que le Hezbollah n'y est pas lié.

Le président américain Donald Trump a insisté publiquement sur le droit d'Israël à se défendre contre les tirs de roquettes du Hezbollah, tout en affirmant pouvoir « contrôler Israël s'il attaque le Liban ». Dans un entretien accordé à un média américain la semaine dernière, il a déclaré : « Ils ont beaucoup de respect pour moi. Ils font ce que je dis. » Cette relation tendue avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'était déjà manifestée lors d'un échange téléphonique houleux au cours duquel Trump aurait proféré un juron à l'encontre de son homologue israélien, selon des informations non confirmées.

L'Iran en toile de fond

L'accord israélo-libanais intervient dans un contexte où Washington craint que les tensions persistantes entre Israël et le Liban ne compromettent l'accord de paix américano-iranien, lequel prévoit un engagement à cesser les combats sur « tous les fronts », y compris libanais. L'Iran a appelé à plusieurs reprises à ce que le Liban soit inclus dans toute négociation avec les États-Unis. La signature de ce cadre pourrait donc être perçue comme une tentative d'apaisement avant une éventuelle entente plus large.

Pour l'instant, le texte ne constitue qu'une architecture préliminaire. Ni le calendrier d'un retrait israélien ni les modalités de contrôle du sud du Liban n'ont été précisés. La médiation américaine se poursuit, tandis que le Hezbollah maintient ses exigences.

Une paix encore lointaine

Les observateurs restent prudents. L'absence du Hezbollah et l'opacité des clauses concrètes de l'accord laissent planer le doute sur sa viabilité. Les précédents cessez-le-feu n'ont pas tenu, et des frappes israéliennes ont visé des positions au Liban méridional ces derniers jours encore, tuant deux personnes selon les autorités locales. Le chemin vers une paix durable entre Israël et le Liban semble encore semé d'embûches.