Des trajets aériens records

À l'occasion de la première Coupe du monde à 48 équipes, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, l'épreuve du voyage s'annonce inégale entre les participants. Une analyse des distances à parcourir entre les lieux de rassemblement et les stades désignés place la Bosnie-Herzégovine, Curaçao et la Nouvelle-Zélande en tête des délégations les plus mobiles. La sélection bosnienne, par exemple, doit effectuer plus de 21 000 kilomètres aller-retour pour ses trois rencontres du premier tour, soit la distance la plus élevée de toutes les équipes engagées. Curaçao suit de près avec environ 20 000 kilomètres cumulés, tandis que la Nouvelle-Zélande totalise un peu plus de 19 000 kilomètres.

Un format qui amplifie les écarts

Ce phénomène s'explique par la répartition des groupes sur l'immense territoire nord-américain. Le tirage au sort a éparpillé les têtes de série et les équipes classées dans des poules dont les matchs se déroulent dans des villes parfois distantes de plusieurs fuseaux horaires. La Bosnie-Herzégovine doit ainsi disputer ses rencontres à Seattle, puis à Vancouver, et enfin à Mexico, ce qui génère un cumul de distance exceptionnel. Pour Curaçao, l'itinéraire prévoit des déplacements entre Toronto, Miami et Los Angeles. Ces contraintes logistiques, inédites dans l'histoire du tournoi, imposent aux fédérations concernées une planification rigoureuse des vols, de l'acclimatation et de la récupération.

Les autres équipes très mobiles

D'autres sélections figurent également dans le haut du classement des kilomètres à parcourir. L'Indonésie, qualifiée pour la première fois, doit couvrir près de 17 500 kilomètres entre ses trois sites de jeu. La sélection afghane, l'Islande et la Nouvelle-Calédonie se situent également dans une fourchette élevée, entre 15 000 et 17 000 kilomètres. À l'inverse, les équipes nord-américaines, notamment les États-Unis, le Canada et le Mexique, ainsi que plusieurs formations sud-américaines comme l'Argentine ou le Brésil, bénéficient d'une bien moindre exposition aux longs déplacements, grâce à une implantation des stades plus proche de leurs bases.

Des conséquences sur la performance ?

Les spécialistes de la préparation physique s'interrogent sur l'impact que ces trajets pourront avoir sur le rendement des joueurs. Le décalage horaire, la fatigue accumulée et la perte de repères climatiques pourraient désavantager les équipes contraintes de multiplier les vols long-courriers en peu de temps. Toutefois, certaines fédérations ont anticipé ces difficultés en programmant des stages d'acclimatation dans les villes hôtes avant le début de la compétition. La Bosnie-Herzégovine a par exemple choisi d'établir son camp de base à Los Angeles, une ville située dans un fuseau horaire proche de plusieurs de ses destinations de match.

Un tournoi sous le signe de la logistique

La Coupe du monde 2026 présente un défi logistique sans précédent pour les organisateurs comme pour les participants. Avec 48 équipes réparties sur trois pays et seize villes hôtes, la gestion des transports, de l'hébergement et des entraînements constitue une opération d'envergure. Les fédérations nationales ont dû composer avec des distances qui, pour certaines, équivalent à plusieurs tours du monde. Ce paramètre pourrait redistribuer les cartes dans un tournoi où la fraîcheur physique et la capacité d'adaptation deviennent des atouts majeurs.