L’organisation de la Coupe du monde 2026, qui a débuté le 11 juin avec la victoire du Mexique face à l’Afrique du Sud (2-1) au stade Azteca, représente un défi sécuritaire sans précédent pour les États-Unis. Avec 78 matchs disputés en 38 jours dans onze villes hôtes, les autorités américaines ont qualifié l’événement de « 78 Super Bowls en 38 jours », une formule employée par le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, pour illustrer l’ampleur de la tâche.
Un budget colossal pour la sécurité
Plus d’un milliard de dollars ont été alloués à la sécurisation de la compétition. La moitié de cette enveloppe, soit 500 millions de dollars, est spécifiquement destinée à la lutte anti-drones, une menace jugée prioritaire par les organisateurs. Les pouvoirs des autorités locales ont été élargis pour brouiller et intercepter ces appareils, et des dizaines d’agents formés par le FBI sont déployés dans chaque ville hôte.
Andrew Giuliani, responsable de l’équipe de la Maison-Blanche chargée de la coordination de l’événement, a évoqué un « incroyable casse-tête » en raison de la concomitance avec d’autres grands rendez-vous, comme la finale NBA et le 250ᵉ anniversaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis, le 4 juillet.
Un déploiement massif de forces de l’ordre
Plus de 400 services de police américains sont impliqués dans la sécurisation du Mondial. Environ 100 000 membres des forces de l’ordre seront également déployés au Mexique et au Canada, qui accueillent chacun 13 matchs. À Atlanta, plus de 200 agents supplémentaires sont mobilisés chaque jour de rencontre, avec des journées de douze heures et la suspension des congés pendant toute la durée du tournoi. À New York, où 1,2 million de visiteurs sont attendus, le coût de la sécurisation est estimé à 92 millions de dollars, dont 73 millions rien que pour les heures supplémentaires des policiers. Philadelphie, qui reçoit six matchs, a innové en équipant ses agents de caméras-piétons dotées d’une fonction de traduction en temps réel.
Des zones extérieures sous tension
Malgré ces dispositifs, Markwayne Mullin a reconnu que la zone extérieure aux périmètres de sécurité restait une « zone d’ombre ». « C’est aussi sécurisé que possible, mais nous ne pouvons pas contrôler un loup solitaire », a-t-il déclaré. Cette mise en garde intervient après une fusillade qui a fait neuf blessés près du camp de base de l’équipe d’Angleterre.
Un match d’ouverture marqué par des incidents
Le coup d’envoi de la compétition a été entaché par d’importantes bousculades aux abords du stade Azteca, à Mexico. Des scènes de panique ont été rapportées, les organisateurs appelant les spectateurs à ne pas pousser. Le match lui-même a vu le Mexique s’imposer 2-1 face à l’Afrique du Sud, offrant un large succès d’audience sur la chaîne M6 en France.
Un Mondial à la mesure d’un continent
Avec 48 équipes, 104 matchs au total et trois pays hôtes (États-Unis, Mexique, Canada), cette Coupe du monde 2026 est la plus étendue jamais organisée. Les autorités américaines rappellent qu’il faut remonter aux Jeux olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City pour trouver un événement d’une telle envergure sécuritaire sur le sol américain. Le compte à rebours ne s’arrêtera qu’avec la finale prévue le 19 juillet au New York New Jersey Stadium.