Des distances record pour certaines sélections

Le tournoi nord-américain, qui se déroule du 11 juin au 19 juillet 2026, présente des particularités géographiques inédites. Les épreuves sont réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, sur une amplitude de plusieurs fuseaux horaires. Cette configuration impose à certaines délégations des trajets aériens considérables, comparables à des traversées intercontinentales en cours de compétition.

Selon les données disponibles, la sélection de Bosnie-Herzégovine figure parmi les plus sollicitées : elle doit effectuer environ 25 000 kilomètres de vol entre ses matchs de groupe, ses éventuels tours suivants et ses retours à la base. Le parcours de Curaçao, petite nation caribéenne qualifiée pour la première fois, est également long, avec des liaisons entre des villes hôtes très éloignées les unes des autres.

Un format élargi et des infrastructures dispersées

Pour la première fois, la phase finale réunit 48 équipes, contre 32 lors des éditions précédentes. Ce format implique 104 rencontres, disputées dans 16 stades situés dans onze villes différentes : dix aux États-Unis, trois au Mexique et deux au Canada. Les équipes doivent composer avec des écarts de température et d'altitude importants entre les sites, ainsi qu'avec des différences de qualité de pelouse et de conditions climatiques.

Les organisateurs ont mis en place des « bases arrière » pour chaque sélection, où les joueurs peuvent s'entraîner et se reposer entre les matchs. Toutefois, la rotation des matchs entre les trois pays hôtes oblige les équipes à changer régulièrement de lieu, parfois en traversant plusieurs fuseaux horaires. Les délégations doivent également gérer les formalités douanières et les différences de législation entre les trois nations.

Une logistique sous pression

Les responsables des équipes nationales doivent planifier des voyages qui incluent non seulement les joueurs et l'encadrement technique, mais aussi le matériel médical, les équipements d'entraînement et les bagages personnels. Certaines fédérations ont recruté des logisticiens spécialisés pour coordonner les déplacements. Le recours à des vols charter est généralisé, mais les créneaux de décollage et d'atterrissage dans les aéroports des villes hôtes sont très demandés, ce qui nécessite une réservation anticipée.

Les fuseaux horaires posent également un défi physiologique. Une équipe basée à Vancouver (Canada, fuseau Pacifique) et jouant à Miami (États-Unis, fuseau Est) subit un décalage de trois heures, tandis qu'un passage de Seattle (Pacifique) à Mexico (Centre) en ajoute deux. Les staffs médicaux adaptent les protocoles de sommeil et d'alimentation pour limiter les effets du jet lag.

Des déplacements coûteux et une empreinte carbone scrutée

Les coûts de transport et d'hébergement explosent pour les fédérations les plus modestes. Le budget d'une sélection comme Curaçao ou la Bosnie-Herzégovine est très inférieur à celui des grandes nations du football, ce qui rend la gestion des trajets longue distance plus contraignante. Certaines équipes ont dû solliciter des aides financières auprès de leur gouvernement ou de sponsors pour couvrir les frais.

Par ailleurs, l'impact environnemental de ces déplacements suscite des critiques. Des associations écologistes ont pointé l'augmentation des émissions de CO₂ liées aux vols des équipes et des supporters. La FIFA a communiqué sur un programme de compensation carbone, mais son efficacité est jugée insuffisante par plusieurs organisations non gouvernementales.

Une compétition qui teste l'organisation des fédérations

Pour les sélections qui ne disposent pas de moyens logistiques importants, la préparation du tournoi a commencé plusieurs mois avant le coup d'envoi. Des repérages des installations ont été réalisés, des contrats avec des compagnies aériennes ont été négociés, et des accords avec des hôtels ont été conclus. Les fédérations les mieux organisées ont constitué des cellules dédiées à la coordination des déplacements.

Les premiers matchs du tournoi ont confirmé que les équipes ayant le mieux anticipé les contraintes logistiques étaient souvent avantagées sur le terrain. À l'inverse, des retards de vol ou des changements de dernière minute dans le calendrier ont perturbé la préparation de certaines équipes.

Des chiffres qui illustrent l'ampleur du défi

Le tournoi 2026 est marqué par la démesure : les distances cumulées parcourues par l'ensemble des équipes devraient dépasser le million de kilomètres. Le nombre de vols programmés pour les délégations, le personnel d'encadrement et les médias atteint plusieurs milliers. Les organisateurs estiment que plus de 200 000 chambres d'hôtel seront réservées pendant la durée de la compétition.

Ces éléments font de cette Coupe du monde un cas d'école en matière de logistique sportive, et les enseignements tirés pourraient influencer l'organisation des grandes compétitions internationales futures.