L'organisation des Nations unies a de nouveau haussé le ton ces derniers jours au sujet de la ville d'el-Obeid, au Soudan, en proie à un siège mené par les Forces de soutien rapide (FSR). L'institution parle désormais d'une « sonnette d'alarme rouge » face à l'aggravation de la crise humanitaire qui frappe les populations civiles locales, piégées dans l'enceinte de la cité.
Des témoignages recueillis sur place évoquent une situation de plus en plus désespérée. Les réseaux d'approvisionnement en eau ont été pris pour cible par les bombardements, privant de nombreux habitants de ce besoin vital. Les frappes se multiplient sans répit, et les réserves alimentaires s'épuisent rapidement, faisant craindre l'apparition d'une famine dans les semaines à venir. Plusieurs résidents ont confié leur peur de mourir de faim si aucune aide humanitaire ne parvient à percer le blocus.
Un siège qui s'intensifie
Les FSR, qui combattent l'armée soudanaise depuis plusieurs mois, resserrent leur étau autour d'el-Obeid, une ville stratégique du centre du pays. Les combats ont contraint une grande partie de la population à rester confinée chez elle, sans accès régulier aux soins ni aux produits de première nécessité. Les infrastructures civiles, notamment les hôpitaux, subissent également les conséquences des violences, ce qui complique encore la prise en charge des blessés.
Les autorités onusiennes redoutent que la situation ne dégénère en « atrocités de masse », un terme déjà employé par plusieurs gouvernements étrangers ces dernières semaines pour qualifier les risques encourus par les civils. Une vingtaine de pays avaient déjà, fin juin, alerté sur le danger imminent d'exactions à grande échelle dans cette zone.
L'ONU multiplie les appels
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a exprimé sa profonde inquiétude et réitéré ses appels à un cessez-le-feu immédiat. L'organisation réclame également un accès humanitaire sans entrave pour acheminer nourriture, eau et médicaments aux quelque deux cent mille personnes qui se trouveraient encore dans la ville assiégée. Les discussions au sein du Conseil des droits de l'homme se sont accélérées pour tenter de trouver une réponse internationale coordonnée.
Les ONG présentes dans la région, bien que limitées dans leurs déplacements, confirment la gravité de la situation. Elles décrivent des scènes de détresse parmi les familles, qui doivent parfois parcourir de longues distances sous les tirs pour tenter de se procurer de l'eau ou de la nourriture. Les marchés locaux sont quasi vides et les prix des denrées disponibles ont grimpé de façon vertigineuse, rendant leur accès impossible pour la majorité des habitants.
Un conflit aux multiples théâtres
La guerre qui déchire le Soudan oppose depuis plusieurs années l'armée régulière, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, aux paramilitaires des Forces de soutien rapide, commandées par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemedti ». Le conflit, qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes, s'étend désormais à de nouvelles régions, dont el-Obeid, longtemps épargnée par les combats les plus intenses.
Les observateurs craignent que la ville ne devienne un nouveau symbole de l'impuissance de la communauté internationale face à une crise humanitaire majeure. Alors que les appels se multiplient, les belligérants ne montrent pour l'instant aucun signe de volonté d'apaisement, laissant planer le spectre d'une catastrophe humaine de grande ampleur.