Nouveaux tirs de drones israéliens au Liban-Sud
Les hostilités se poursuivent au Liban-Sud malgré la présentation, fin juin, d’un accord-cadre négocié par les États-Unis visant à ouvrir la voie à un retrait progressif des forces israéliennes. Deux personnes ont été blessées dans une frappe de drone israélien qui a touché un véhicule utilitaire, rapportent les autorités libanaises. L’appareil sans pilote a ouvert le feu alors que le camion déchargeait des déchets en périphérie des localités de Choukine et Kfar Dajjal, dans le district de Nabatieh, selon l’agence de presse nationale libanaise.
D’autres raids ont visé une voiture dans le sud du pays, tandis que des opérations de démolition ont secoué la ville frontalière de Khiam durant la nuit. Plus tard, des drones ont également frappé les secteurs de Kfar Reman et Nabatieh al-Fawqa, sans que des victimes ne soient signalées dans ces dernières attaques.
Amnesty International demande des comptes
Ces événements surviennent alors que l’organisation de défense des droits humains Amnesty International a exhorté les autorités à ouvrir des enquêtes pour crimes de guerre sur trois frappes israéliennes survenues en mars. Les bombardements, qui ont visé des habitations dans les districts de Tyr, Sidon et Nabatieh les 6, 12 et 13 mars, ont entraîné la mort de 24 civils, dont 12 enfants. Parmi les victimes figurent six femmes, dont une enceinte, et six hommes. Au moins 18 personnes ont également été blessées.
Dans un rapport publié jeudi, Amnesty indique avoir recueilli des éléments qui laissent penser que l’armée israélienne a enfreint le droit international humanitaire en frappant des civils ou des biens civils, sans faire la distinction entre cibles militaires et civiles, ou en ne prenant pas les mesures suffisantes pour limiter les pertes civiles.
« En l’espace d’une semaine seulement, l’armée israélienne a anéanti des familles entières, dont une douzaine d’enfants, au Liban, faisant preuve d’un mépris flagrant pour les vies civiles », a déclaré Kristine Beckerle, directrice adjointe d’Amnesty pour la région. « Combien de familles encore devront extraire les membres de leurs enfants des décombres avant que ce cycle dévastateur de crimes de guerre ne prenne fin ? »
L’organisation appelle la communauté internationale à imposer un embargo immédiat et global sur les armes à destination d’Israël, et à utiliser la compétence universelle et extraterritoriale pour enquêter et poursuivre les responsables présumés.
Craintes sur l’accord et l’impunité
Amnesty a également mis en garde contre le fait que l’accord conclu le 26 juin sous l’égide des États-Unis pourrait entraver l’obtention de comptes. L’ONG exhorte Beyrouth à accorder à la Cour pénale internationale la compétence pour les crimes commis sur son territoire. Le texte de l’accord ne contraint pas Israël à se retirer de la vaste zone du sud du Liban qu’elle continue d’occuper, selon des informations non précisées par les sources.
Tensions régionales persistantes
Ces nouvelles frappes interviennent dans un contexte de tensions accrues entre Israël, le Hezbollah et l’Iran, marqué par des échanges de tirs quasi quotidiens et des opérations de l’armée israélienne contre des infrastructures soupçonnées d’être liées au mouvement chiite libanais. L’accord-cadre américain, qui visait à établir un cessez-le-feu durable et un retrait israélien négocié, n’a pas, pour l’instant, mis un terme aux violences sur le terrain.