La dépouille de l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême d'Iran décédé après des décennies de pouvoir, a été transportée jusqu'à la ville sainte de Qom, où une foule nombreuse s'est réunie pour lui rendre un dernier hommage. Des dizaines de milliers de personnes se sont pressées autour de la mosquée de Jamkaran, située à proximité de Qom, pour participer à une cérémonie funéraire en l'honneur du défunt dirigeant.
Le cortège funèbre
Le cercueil de l'ayatollah Khamenei a fait son entrée dans la ville de Qom, centre religieux majeur du chiisme iranien, où il a été accueilli par une assistance nombreuse. Cette étape s'inscrit dans le cadre d'un programme de cérémonies de plusieurs jours, organisé sur l'ensemble du territoire iranien ainsi qu'en Irak. Après les cérémonies à Qom, les autorités ont prévu que le corps soit transféré vers les villes irakiennes de Najaf et Kerbala — deux des lieux les plus vénérés de l'islam chiite —, avant que l'inhumation finale n'ait lieu à Machhad, sa ville natale et capitale de la province du Khorasan-e Razavi.
Une mobilisation populaire
La foule réunie à Qom témoigne de la capacité du régime à mobiliser ses soutiens dans un contexte marqué par des tensions internes et régionales. Si les sources s'accordent sur l'importance numérique des participants, elles divergent toutefois sur l'ampleur exacte du rassemblement, aucune estimation officielle consolidée n'ayant été communiquée dans l'immédiat. Les autorités religieuses ont salué le caractère « spontané et fervent » de ce recueillement, tandis que des voix critiques, notamment parmi des familles de victimes des récentes violences, ont dénoncé « une mise en scène indécente » visant, selon elles, à détourner l'attention des fractures sociales et politiques que traverse le pays.
Contexte régional tendu
Ces funérailles interviennent alors que l'Iran est engagé dans un conflit ouvert avec les États-Unis et Israël, que certains médias qualifient de « guerre américano-israélienne contre l'Iran ». Les autorités iraniennes ont multiplié les avertissements à l'encontre de leurs adversaires régionaux, tout en organisant un déploiement sécuritaire massif autour des cérémonies. Le pouvoir semble vouloir utiliser cette séquence pour affirmer sa légitimité et sa continuité, alors que la succession du guide suprême reste l'objet de spéculations intenses. Des rumeurs persistantes évoquent des dissensions au sein des cercles du pouvoir à propos de la désignation du prochain guide, le fils de l'ayatollah défunt, Mojtaba Khamenei, étant donné comme un candidat potentiel mais dont l'absence lors de la prière funèbre à Téhéran a suscité des interrogations.
Vers une inhumation à Machhad
Après les étapes de Qom, Najaf et Kerbala, le cercueil devrait regagner le territoire iranien pour être inhumé à Machhad, sanctuaire de l'imam Reza et lieu de pèlerinage majeur. Cette décision, présentée comme un hommage à l'attachement du guide défunt à sa région natale, est également interprétée par certains analystes comme un choix politique et religieux destiné à associer symboliquement la dépouille à l'un des lieux les plus sacrés du chiisme, renforçant ainsi la stature sacrée du personnage aux yeux des fidèles. Les autorités ont appelé la population à respecter le caractère solennel des jours à venir, tout en maintenant un dispositif de sécurité renforcé dans les principales villes du pays.
Réactions et suites
À l'international, plusieurs délégations ont annoncé leur participation aux cérémonies d'inhumation. Une délégation indienne a notamment fait le déplacement à Téhéran. La communauté internationale observe avec attention cette transition de pouvoir, qui pourrait influencer l'équilibre régional au Moyen-Orient. Les Gardiens de la Révolution, qui ont joué un rôle de premier plan dans l'organisation des obsèques, voient leur position renforcée, tandis que des voix s'élèvent dans l'opposition pour dénoncer ce qu'elles considèrent comme une instrumentalisation du deuil national.
La cérémonie à Qom marque donc une nouvelle étape dans le parcours funèbre, avant le transfert vers l'Irak et l'inhumation finale à Machhad, prévue dans les prochains jours.