Israël et le Liban ont officialisé mercredi leur accord pour renouveler la fragile trêve qui les lie et créer plusieurs « zones pilotes » de sécurité à l’intérieur du territoire libanais, d’où les combattants du Hezbollah seraient exclus. La déclaration conjointe, rendue publique après une quatrième série de négociations menées sous l’égide des États-Unis au département d’État, précise que le cessez-le-feu « est subordonné à un arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l’évacuation de tous les membres du Hezbollah » des régions situées au sud du fleuve Litani.
Cette avancée diplomatique fait suite à une proposition américaine visant une « désescalade graduelle ». Le secrétaire d’État Marco Rubio s’était entretenu dimanche avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Selon un responsable américain, Washington avait suggéré que le Hezbollah cesse toutes ses attaques contre Israël, tandis qu’Israël s’abstiendrait de toute escalade à Beyrouth. « Cela créerait un espace pour une désescalade graduelle et une cessation effective des hostilités », avait expliqué ce responsable.
Le président Aoun a tenté de faire avancer ce plan et d’obtenir un accord. Cependant, le président du Parlement libanais, Nabih Berri, qui prétendait « garantir » l’engagement du Hezbollah en faveur d’une trêve, a placé la charge sur Israël pour qu’il cesse « de tirer le premier ». De son côté, Netanyahu avait annoncé dimanche avoir ordonné à ses troupes de pénétrer plus avant au Liban dans le cadre de la lutte contre le Hezbollah, malgré la trêve déclarée plus de six semaines auparavant.
Des accrocs persistants sur le terrain
L’armée israélienne affirmait dimanche que ses opérations terrestres au Liban « s’étendaient à des zones supplémentaires ». Le ministre de la Défense israélien avait confirmé la capture de la forteresse médiévale de Beaufort, dans le sud du Liban, que Netanyahu a qualifiée de « changement radical » dans l’offensive. Parallèlement, le ministère libanais de la Santé a signalé qu’une frappe israélienne près d’un hôpital dans le sud du pays avait blessé treize membres du personnel soignant.
Face à cette escalade, le Conseil de sécurité des Nations unies avait prévu une réunion d’urgence lundi. L’accord annoncé mercredi intervient donc dans un contexte de tensions toujours vives, où les deux parties ont multiplié les actions militaires malgré les efforts de médiation.
Les prochaines étapes
La mise en œuvre du cessez-le-feu dépend désormais de l’acceptation explicite du Hezbollah. Les zones pilotes au sud du Litani sont conçues pour empêcher le retour des combattants près de la frontière israélienne, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité, jamais pleinement appliquée. L’accord conjoint précise que la trêve « est conditionnée à un arrêt complet des tirs du Hezbollah », ce qui suppose une décision de la part de la milice chiite.
Si les signaux diplomatiques envoyés par Washington et Beyrouth témoignent d’une volonté de stabilisation, l’attitude de Berri, intermédiaire clé entre le Hezbollah et les autorités libanaises, montre que des divergences persistent sur la chronologie des engagements. De son côté, Israël, tout en acceptant le principe du cessez-le-feu, maintient la pression militaire, comme en témoigne la progression au sol.
L’équilibre reste fragile. L’annonce de mercredi constitue une étape importante dans le processus de médiation américain, mais sa traduction concrète sur le terrain dépendra de la capacité des parties à surmonter les obstacles qui ont jusqu’ici empêché une trêve durable.