Les espoirs d'une cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah s'éloignent alors que le mouvement chiite libanais a officiellement rejeté, jeudi, les termes de l'accord de cessez-le-feu parrainé par Washington et que les frappes se poursuivent sans répit. Vendredi, l'armée israélienne a émis des ordres d'évacuation pour de nouvelles zones du sud du Liban, dont la localité d'Anqoun, jusqu'alors épargnée par ces injonctions.

Un rejet qualifié d'« humiliation »

Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a qualifié l'accord de trêve de « tentative humiliante » et d'équivalent d'une « reddition ». Il a exigé que tout cessez-le-feu soit global et inclue le retrait des forces israéliennes de l'ensemble des territoires qu'elles occupent dans le sud du Liban depuis le début de l'invasion en mars dernier. « Tant que l'occupation se poursuivra, la résistance continuera », a-t-il déclaré.

L'accord, annoncé après des discussions directes entre Israël et le Liban à Washington, prévoit une « cessation complète » des attaques du Hezbollah et son retrait de la zone frontalière, sans exigences immédiates de concessions israéliennes en retour. Le Hezbollah n'a pas été partie prenante aux négociations, et les capacités du gouvernement libanais à lui imposer le respect des termes sont limitées.

Nouvelles évacuations et déplacements forcés

Vendredi, l'armée israélienne a ordonné aux habitants d'Anqoun, une localité située à environ 25 kilomètres de la frontière israélienne, de quitter leurs habitations. Selon l'agence de presse officielle libanaise, la ville accueillait quelque 2 500 personnes déjà déplacées par les combats, qui se retrouvent une nouvelle fois contraintes de fuir. Au total, plus d'un million de personnes ont été déplacées au Liban depuis le début des hostilités en mars, selon les autorités libanaises, sans perspective claire de retour.

La position israélienne inchangée

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a indiqué jeudi que les forces israéliennes continueraient leurs opérations au Liban « à ce stade ». Il a également précisé que les centaines de milliers de déplacés du sud du Liban ne seraient pas autorisés à regagner leur domicile pour l'instant.

Des implications régionales

La poursuite des combats au Liban complique les efforts du président américain Donald Trump pour parvenir à un accord avec l'Iran, principal soutien du Hezbollah. Téhéran a menacé de se retirer des pourparlers de paix si Israël ne cessait pas ses attaques contre le mouvement libanais. La question du cessez-le-feu conditionné à la seule cessation des tirs du Hezbollah demeure au cœur des tensions, sans issue immédiate en vue.