Un accord sous conditions

Israël et le Liban ont annoncé mercredi le renouvellement d'un cessez-le-feu, fruit de négociations menées sous l'égide des États-Unis à Washington. La trêve, qui avait été conclue en avril mais largement ignorée par les deux parties, est subordonnée à l'arrêt complet des attaques du Hezbollah contre Israël et au retrait de cette milice iranienne du sud du Liban. L'accord prévoit la création de « zones pilotes » où l'armée libanaise exercerait un « contrôle exclusif », interdisant toute présence d'acteurs non étatiques, selon des précisions apportées par le département d'État américain.

Le Hezbollah n'étant pas partie prenante aux discussions, son adhésion à la trêve reste incertaine. Le groupe, qui ne répond pas aux autorités libanaises, n'a pas officiellement réagi à l'annonce. Toutefois, jeudi matin, il a revendiqué deux salves de roquettes visant des soldats israéliens dans la zone frontalière, mettant aussitôt à l'épreuve l'accord négocié par Washington. Cette attaque souligne la fragilité d'une trêve que le Hezbollah n'a pas acceptée.

Violences persistantes et incident meurtrier

Les affrontements n'ont pas cessé dans le sud du Liban. La ville de Nabatieh, principale localité de la région, a vu presque tous ses habitants restants fuir ces derniers jours après que l'armée israélienne a lancé un ordre d'évacuation pour l'ensemble de la cité. Jeudi, la ville était déserte, seulement troublée par le bourdonnement des drones israéliens, les avions de combat et les tirs d'artillerie depuis des positions situées à quelques kilomètres au sud.

Un Casque bleu de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a trouvé la mort mercredi après qu'un obus de mortier a frappé sa position dans le sud du pays. La FINUL a indiqué n'avoir pas déterminé l'origine du tir – israélienne, du Hezbollah ou d'autres groupes armés – et a ouvert une enquête. Plus de 7 000 soldats de la paix sont déployés dans la région.

Contexte régional élargi

Ce renouvellement de trêve intervient dans le cadre plus large du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran. L'offensive américano-israélienne contre Téhéran, lancée en mars, avait poussé Israël à intensifier sa poussée au Liban, ce qui avait déclenché des tirs de roquettes du Hezbollah en soutien à son parrain iranien. Le sort de l'accord de cessez-le-feu dépendra en partie de la coopération du Hezbollah, qui n'est partie à aucune des deux séries de négociations – ni avec Israël et le Liban, ni entre Washington et Téhéran.

Les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran restent par ailleurs flous, notamment sur le programme nucléaire iranien. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a réaffirmé mercredi devant le Congrès que l'administration Trump chercherait à négocier un engagement à long terme de l'Iran pour ne pas enrichir d'uranium. Parallèlement, des tirs iraniens de drones et de missiles ont visé mercredi le Koweït et Bahreïn, alliés des États-Unis, tuant une personne à l'aéroport international du Koweït. Téhéran a démenti avoir visé le terminal, accusant un missile intercepteur américain défaillant, ce que l'armée américaine a qualifié de faux.

Incertitude sur l'application

La trêve libanaise, bien que saluée diplomatiquement, se heurte à des obstacles concrets. Le Hezbollah n'a pas suspendu ses opérations militaires, et Israël continue ses frappes. Les « zones pilotes » restent à mettre en place, et rien ne garantit que le Hezbollah les respecte. Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou avait, ces dernières semaines, durci son discours contre le Hezbollah, même pendant les discussions de trêve. Le président Donald Trump a évoqué dans un récent entretien des échanges « grossiers » avec M. Nétanyahou, tout en décrivant leurs relations comme globalement positives.

La communauté internationale observe avec attention le maintien de ce cessez-le-feu, qui pourrait lever un obstacle à la conclusion d'un accord plus large mettant fin à la guerre avec l'Iran. Mais les événements des dernières heures suggèrent que la voie vers une paix durable reste semée d'embûches.