Un cessez-le-feu annoncé, des bombes qui persistent
Un responsable américain a annoncé qu'Israël et le Hezbollah étaient parvenus à un accord de cessez-le-feu. Cette déclaration intervient alors que l'armée israélienne a intensifié ses bombardements dans le sud du Liban, faisant 47 morts, dont des femmes et des enfants, selon le ministère libanais de la Santé. Les frappes, décrites par les agences d'information libanaises comme l'une des plus violentes du conflit, ont visé plusieurs localités du district de Nabatieh, tuant neuf personnes à Harouf, sept à Haboush et six à al-Duweir, parmi lesquelles un enfant. Au total, 97 personnes ont également été blessées.
Des violations qui fragilisent l'accord
L'accord de cessez-le-feu, qui s'inscrit dans le cadre d'un mémorandum d'entente entre les États-Unis et l'Iran, prévoit une trêve au Liban. Pourtant, des responsables des secours à Nabatieh ont rapporté qu'au moins douze frappes aériennes avaient eu lieu après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, prévue à 16 heures locales (13 heures GMT). Cette escalade soulève des interrogations sur la capacité de Washington à contrôler l'application de son propre accord. Téhéran a d'ailleurs accusé le président américain de ne pas avoir su freiner Israël.
Des acteurs aux positions radicales
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a réagi aux pertes israéliennes — quatre soldats tués dans une embuscade du Hezbollah — en appelant à une escalade : « Le Liban doit brûler… Pour chaque larme versée par une mère israélienne, mille mères libanaises doivent pleurer. » De son côté, le Hezbollah, via son secrétaire général, cheikh Naïm Qassem, a affirmé que « le projet visant à éliminer le Hezbollah a échoué » et que les Israéliens se retireraient de chaque centimètre du territoire libanais. Le mouvement n'a toutefois pas encore confirmé officiellement le cessez-le-feu. Le porte-parole militaire israélien, Effie Defrin, a prévenu que l'armée continuerait à « éliminer les menaces immédiates » et à répondre aux violations du Hezbollah.
Réactions internationales et scepticisme local
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé Israël de vouloir une « guerre permanente », avertissant que toute violation des engagements du mémorandum serait imputée aux États-Unis. Du côté des civils libanais déplacés, l'annonce du cessez-le-feu est accueillie avec scepticisme. L'un d'eux a déclaré : « L'accord est bon, et nous voulons tous un accord, mais les Israéliens ne le respectent pas. Combien de fois ont-ils fait des accords ? Plus d'une fois, ils ne s'y sont pas tenus. »
Un conflit meurtrier et une population meurtrie
Le conflit a débuté peu après le déclenchement de la guerre entre Israël, les États-Unis et l'Iran. Le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël en riposte à une frappe ayant tué le guide suprême iranien. En représailles, Israël a mené une campagne de bombardements sur l'ensemble du Liban et occupé environ 5 % du territoire national dans le sud, visant à repousser les combattants du Hezbollah loin de sa frontière nord. Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 3 900 personnes ont été tuées, dont des femmes et des enfants, et plus de 11 600 autres blessées depuis le début de cette phase du conflit. Environ un million de personnes restent déplacées, et de nombreuses localités du sud ont été totalement détruites.
Un avenir incertain
La trêve, bien que proclamée, semble fragile. Les violences se poursuivent, et les positions des parties prenantes demeurent irréconciliables. La pression sur le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour continuer les opérations militaires est forte, tandis que le Hezbollah promet de maintenir ses attaques tant que l'occupation israélienne du sud du Liban persistera. Le défi est désormais de savoir si l'accord pourra contenir les extrémistes des deux camps et permettre un retour à la vie pour les populations sinistrées.