Les autorités iraniennes ont annoncé, samedi 20 juin, la fermeture du détroit d'Ormuz, un passage maritime crucial pour les exportations d'hydrocarbures. Cette décision est présentée comme une riposte à la continuation des frappes aériennes israéliennes au Liban, malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu négocié avec les États-Unis.
Un coup d'arrêt après une brève réouverture Cette annonce intervient alors que la navigation dans le détroit venait de reprendre, à la suite d'un accord signé entre Washington et Téhéran quelques jours plus tôt. Le 19 juin, un navire de transport de gaz naturel liquéfié battant pavillon français avait franchi le détroit, marquant la première traversée officielle après la levée du blocus américain et la normalisation des passages. La fermeture soudaine remet en cause cette reprise et ravive les craintes de perturbations sur les marchés énergétiques.
Les raisons invoquées par Téhéran Dans son communiqué, le ministère iranien des Affaires étrangères a justifié cette mesure par la « persistance des agressions israéliennes contre le Liban », qui violent selon lui l'accord de cessez-le-feu récemment conclu sous médiation américaine. L'Iran estime que la communauté internationale n'a pas suffisamment réagi pour faire cesser ces frappes, et que la fermeture du détroit d'Ormuz constitue un moyen de pression légitime. La décision a été prise en accord avec les instances de sécurité nationale.
Un enjeu géopolitique et économique majeur Le détroit d'Ormuz, large d'une trentaine de kilomètres entre la péninsule Arabique et l'Iran, voit transiter environ 20 % du pétrole et une part significative du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde. Toute interruption prolongée du trafic entraîne une hausse des prix des hydrocarbures et des tensions sur les approvisionnements. Les marchés avaient accueilli favorablement l'accord américano-iranien, qui promettait une réouverture complète et une baisse des coûts de transport. La nouvelle fermeture pourrait inverser cette tendance.
Réactions internationales attendues Pour l'heure, ni les États-Unis, ni la France, ni les autres puissances maritimes n'ont officiellement réagi à cette annonce. L'accord initial prévoyait la levée des sanctions américaines et le rétablissement du trafic en échange de garanties sur le programme nucléaire iranien. La fermeture unilatérale du détroit par Téhéran remet en cause l'équilibre fragile de cet accord et pourrait susciter une réponse diplomatique ou militaire des pays riverains et des grandes puissances.
Le précédent de juin 2026 Ce n'est pas la première fois que l'Iran menace ou met en œuvre la fermeture du détroit d'Ormuz. Début juin, Téhéran avait déjà annoncé une fermeture en représailles au blocus américain, avant que les négociations n'aboutissent à un protocole de réouverture. La nouvelle annonce intervient dans un contexte régional tendu, marqué par le conflit entre Israël et le Hezbollah libanais, et par la méfiance persistante entre l'Iran et les États-Unis.
Conséquences pour la navigation Les compagnies maritimes et les assureurs devraient immédiatement suspendre leurs trajets vers le golfe Persique, comme ils l'avaient fait lors des précédentes fermetures. Les navires déjà en transit pourraient être contraints de faire demi-tour ou de stationner en eaux internationales. L'alternative par le détroit de Bab el-Mandeb n'offre qu'une solution partielle, car il ne permet pas d'accéder aux terminaux pétroliers du golfe Persique.