Les Gardiens de la révolution iraniens ont averti, jeudi 25 juin, que tout passage par le détroit d'Ormuz sans autorisation préalable serait considéré comme « inacceptable et extrêmement dangereux ». Cette déclaration intervient alors qu'un pétrolier battant pavillon libérien a traversé la zone en longeant les côtes omanaise et émiratie, empruntant une voie alternative destinée à contourner le contrôle exercé par Téhéran.
« La seule route autorisée pour le transit par le détroit d'Ormuz est celle annoncée par la République islamique d'Iran », ont indiqué les Gardiens de la révolution dans un communiqué. Ils ont dénoncé l'établissement d'un nouveau tracé maritime qu'ils attribuent à « certaines autorités », sans fournir plus de précisions. La déclaration souligne que tout navire ne respectant pas cette exigence « sera pris en charge ».
Ce durcissement rhétorique s'inscrit dans le cadre des négociations entre l'Iran et les États-Unis, qui tentent de stabiliser la région après un conflit de plus de cent jours. Le statut du détroit, voie essentielle pour le transport de pétrole et de gaz, constitue un point de friction majeur. L'Iran avait bloqué de facto cette artère maritime pendant la durée des hostilités.
La nouvelle route omanaise
Le pétrolier Stoic Warrior, après avoir signalé son intention de transiter par le détroit d'Ormuz, a appareillé tôt jeudi matin. Selon des informations de l'Associated Press, le navire a navigué près des côtes des Émirats arabes unis puis d'Oman, contournant la péninsule de Musandam à proximité du rivage. Ce tracé correspond à celui que les autorités omanaises ont soumis conjointement avec l'Organisation maritime internationale, une agence des Nations unies chargée de la sécurité maritime.
Un journaliste basé à Téhéran pour Al Jazeera a indiqué que les Gardiens de la révolution sont mécontents de cette initiative, car elle tend à « contourner leur contrôle sur le détroit d'Ormuz ». La maîtrise de ce passage stratégique constitue, selon lui, « un levier considérable pour l'Iran afin de faire pression sur ses adversaires et sur l'économie mondiale depuis le début de la guerre ».
Un enjeu de souveraineté et de sécurité
Téhéran a annoncé son intention d'imposer ce qu'il appelle des « frais de service maritime », refusant le terme de péage. Les États-Unis considèrent pour leur part que le détroit d'Ormuz est une voie navigable internationale et que le passage ne saurait être soumis à une quelconre taxation. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, avait déjà exclu la semaine précédente toute possibilité de péage iranien.
Les Gardiens de la révolution – la branche idéologique des forces armées iraniennes – n'ont pas détaillé les mesures qu'ils entendent prendre à l'encontre des navires contournant leur autorisation. La déclaration de jeudi semble toutefois viser à dissuader toute tentative d'utiliser les nouvelles routes alternatives, dans un contexte où les Nations unies ont commencé à évacuer des milliers de marins bloqués dans la région depuis le conflit.
La position de Téhéran est claire : même en cas d'accord final avec Washington, l'Iran n'entend pas renoncer à son influence sur le détroit d'Ormuz. « Il y aura un contrôle iranien là-bas », a résumé le journaliste d'Al Jazeera. Cette détermination pourrait compliquer les discussions en cours et maintenir la pression sur les prix mondiaux de l'énergie, dans une zone où transite environ un cinquième du pétrole consommé sur la planète.