Les députés ont approuvé dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet le projet de loi d’urgence agricole, largement adopté par 296 voix contre 224. Le Rassemblement national, Les Républicains et la majorité du camp présidentiel ont voté pour, tandis que la gauche et les écologistes s’y sont opposés.
Un texte qui réintroduit deux pesticides interdits Le compromis parlementaire prévoit la possibilité de réintroduire à titre dérogatoire l’acétamipride et le flupyradifurone, deux insecticides de la famille des néonicotinoïdes, interdits en France depuis 2018 en raison de leur dangerosité pour les abeilles et d’autres pollinisateurs. Le gouvernement, après avoir promis de laisser les députés se prononcer, a refusé tout débat sur le sujet, selon Mediapart. Le Figaro rapporte qu’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, s’est dite « très satisfaite » à l’issue du vote. Le texte « né des manifestations (d’agriculteurs) en début d’année » et « travaillé avec les agriculteurs » permet, selon elle, de « mieux les protéger contre la concurrence déloyale », a-t-elle déclaré, citée par le journal.
Un vote qui divise jusqu’au sein de l’exécutif L’adoption du texte a suscité de vives critiques, y compris dans la majorité. Selon 20 Minutes, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, pourrait démissionner si le texte est définitivement adopté avec la réintroduction des deux pesticides. Reporterre évoque la colère des opposants : un millier de personnes se sont rassemblées le soir même pour dénoncer des « alliés du cancer », selon le collectif Cancer Colère. Sa fondatrice, Fleur Breteau, a pris la parole pour dénoncer la « lâcheté » des députés, annonçant une « guérilla » pendant la présidentielle.
Les opposants dénoncent une loi « couronnant l’agrobusiness » et facilitant la création de mégabassines et de fermes-usines, selon L’Humanité. Le texte doit encore être examiné par le Sénat avant une adoption définitive.