L'examen du projet de loi d'urgence agricole s'est accéléré à l'Assemblée nationale, marqué par le rejet d'une motion de rejet préalable présentée par le groupe La France Insoumise – Nouveau Front Populaire. La motion, déposée pour empêcher la poursuite des débats sur le texte de compromis, n'a recueilli que 126 suffrages favorables, contre 247 oppositions, alors que la majorité absolue était fixée à 187 voix. À l'issue du vote, plusieurs députés ont quitté l'hémicycle, signe des tensions suscitées par ce texte.
Au cours des débats qui ont précédé le scrutin, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, s'est exprimée sur une disposition clé du compromis : le retour controversé de l'acétamipride, un insecticide interdit en France pour ses effets présumés sur les abeilles. Selon la ministre, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) pourrait être amenée à encadrer les dérogations envisagées pour l'utilisation de cette substance. Cette précision intervient alors que le Sénat a déjà autorisé à titre expérimental l'usage de l'acétamipride, suscitant une vive opposition des organisations écologistes.
Le rejet de la motion de rejet préalable ouvre la voie à la poursuite des discussions parlementaires avant le vote final sur l'ensemble du texte. Les débats restent tendus, notamment autour de l'article réintroduisant des néonicotinoïdes dérogatoires, que le gouvernement a confirmé maintenir en dépit des critiques. La division au sein de la majorité s'est également invitée dans les échanges, plusieurs élus exprimant leur malaise face à la tournure prise par le compromis.
Les prochaines étapes devraient voir le texte soumis au vote solennel des députés, probablement dans les jours à venir. En attendant, la mobilisation agricole continue, avec des manifestations prévues à Paris pour protester contre ce que les opposants qualifient de recul environnemental.