Les débats sur le projet de loi d'urgence agricole ont connu un premier accroc ce lundi 20 juillet à l'Assemblée nationale. La motion de rejet préalable déposée par les députés de La France insoumise (LFI) et du Nouveau Front Populaire a été repoussée par 247 voix contre et 126 voix pour, loin de la majorité absolue de 187 suffrages nécessaire à son adoption. Le rejet de cette motion, qui visait à enterrer le texte avant même l'examen du fond, permet au gouvernement de poursuivre la procédure législative.

Une sortie d'hémicycle À l'annonce du résultat, plusieurs élus insoumis ont choisi de quitter l'hémicycle en signe de protestation. Leur opposition porte notamment sur les dispositions controversées du texte, qui prévoient un retour encadré de l'acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes interdit depuis plusieurs années en raison de ses effets sur les abeilles.

Genevard : pas question de reculer Intervenant dans la foulée, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, s'est montrée inflexible. « Nous ferons aboutir ce texte quoi qu'il arrive », a-t-elle déclaré, tout en esquissant une concession sur l'encadrement des dérogations. Selon ses propos, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) pourrait être chargée d'encadrer les autorisations d'usage de l'acétamipride. Cette piste vise à répondre aux critiques sanitaires, sans pour autant remettre en cause le principe d'une réintroduction expérimentale.

Le compromis en ligne de mire Le texte de compromis, issu de la commission mixte paritaire, avait déjà suscité une vive polémique en permettant l'usage de l'acétamipride à titre expérimental dans certaines filières agricoles. Les écologistes et une partie de la gauche dénoncent un recul environnemental, tandis que le gouvernement et une majorité de députés LR et Renaissance y voient une réponse nécessaire à la crise du secteur betteravier, confronté à la jaunisse.

Avec le rejet de la motion préalable, la voie est désormais libre pour le vote solennel sur l'ensemble du texte, prévu dans les prochains jours. Le gouvernement espère une adoption rapide pour envoyer un signal aux agriculteurs en difficulté. Les oppositions, elles, entendent maintenir la pression dans l'hémicycle et dans la rue.