Vingt-cinq années de réclusion criminelle. C’est la peine prononcée vendredi 3 juillet 2026 par la cour d’assises à l’encontre de Marie-Thérèse Garcia, 74 ans, connue sous le surnom de « Ma Dalton ». L’accusée était jugée pour le meurtre de Corinne Di Dio, sa belle-sœur, dont le corps avait été découvert en 1995.
Lors des réquisitions, l’avocat général avait demandé trente années de réclusion, soit le maximum encouru, estimant que les faits relevaient d’une préméditation et d’une particulière cruauté. La cour a finalement retenu une peine inférieure, tout en maintenant la qualification de meurtre aggravé. Le jury a délibéré plusieurs heures avant de rendre son verdict.
Marie-Thérèse Garcia, qui a toujours nié toute implication dans la mort de Corinne Di Dio, s’est vue reconnaître par les juges sa pleine responsabilité pénale. Son avocat, Me Laurent Pasqualini, a indiqué qu’il étudiait la possibilité d’un pourvoi en cassation, estimant que la décision « ne rend pas justice à la fragilité psychologique de ma cliente ».
L’affaire remonte à l’été 1995 : Corinne Di Dio, 42 ans, disparaît alors qu’elle se trouvait dans la région de Marseille. Son corps est retrouvé quelques jours plus tard, présentant des traces de strangulation. L’enquête piétine pendant de longues années, faute d’éléments matériels suffisants. Ce n’est qu’en 2019, avec la réouverture du dossier et l’audition de nouveaux témoins, que la justice oriente ses soupçons vers la belle-sœur de la victime.
Surnommée « Ma Dalton » en raison de sa participation à plusieurs braquages de banques dans les années 1990, Marie-Thérèse Garcia purgeait déjà une peine de douze ans de prison pour une série de vols à main armée. Elle était considérée comme la détenue la plus âgée de France. Le procès, qui s’est tenu à huis clos partiel en raison de l’âge avancé de l’accusée, a duré trois semaines.
Les proches de Corinne Di Dio se sont dits « soulagés » par le verdict, tout en regrettant que la peine ne soit pas maximale. « C’est une forme de justice, même si rien ne ramènera notre mère », a déclaré l’un des enfants de la victime, joint à l’issue de l’audience. La défense, de son côté, insiste sur la nécessité d’un nouvel examen des faits, pointant des contradictions dans les témoignages.
Cette condamnation clôt un feuilleton judiciaire de plus de trente ans, marqué par les multiples métamorphoses de l’accusée, passée du braquage à la prison, puis au meurtre présumé. Le parquet dispose d’un délai de dix jours pour faire appel.