Le bilan humain des deux séismes qui ont frappé le Venezuela la semaine dernière se rapproche désormais des 2 000 morts, tandis que les équipes de secours venues des États-Unis et d'Équateur ont annoncé la suspension de leurs opérations de recherche de survivants. Selon des témoignages de rescapés, de secouristes et d'anciens responsables, le régime autoritaire au pouvoir aurait entravé la réponse humanitaire dans ce qui est décrit comme l'une des plus graves catastrophes naturelles qu'ait connues le pays.
Un bilan qui s'alourdit
Dans les rues fissurées de La Guaira, une ville côtière proche de Caracas, les opérations de déblaiement se poursuivent sous haute tension. Le nombre officiel de personnes décédées a dépassé les 1 700, selon les chiffres communiqués par les autorités locales. Des rescapés continuent d'être extraits des décombres, mais les chances de retrouver des survivants diminuent d'heure en heure. La mère d'un homme toujours porté disparu a lancé un appel pathétique : « Je supplie toujours les gens de m'aider à le sortir », a-t-elle déclaré, alors que les secouristes s'activent autour des bâtiments effondrés.
Les secours étrangers stoppent leurs recherches
Un élément clé de cette crise est la décision des équipes de recherche et de sauvetage américaines et équatoriennes de mettre fin à leurs opérations. Un secouriste venu de Fairfax, en Virginie, dépêché par le gouvernement américain pour tenter d'atteindre les personnes ensevelies, a été confronté à des difficultés sur le terrain. Les sources rapportent qu'une altercation a éclaté entre ce secouriste et un responsable local, illustrant les tensions croissantes entre les équipes internationales et les autorités vénézuéliennes.
Des survivants et des travailleurs humanitaires accusent le gouvernement de bloquer ou de ralentir l'arrivée de l'aide. Des anciens responsables, interrogés sur la gestion de la catastrophe, confirment ces obstacles. Le manque de coordination, les lenteurs administratives et les suspicions politiques auraient compromis l'efficacité des secours. « Dans l'heure la plus grave de la nation, le régime a entravé une réponse efficace », résument des témoins directs.
La détresse des familles
À La Guaira, des familles continuent de chercher leurs proches disparus. Un pont partiellement effondré surplombe des amas de gravats où des bénévoles et des proches tentent de dégager des corps. Des images diffusées depuis la zone sinistrée montrent des scènes de désolation : des immeubles réduits à l'état de ruines, des cris de douleur et des appels à l'aide. Tandis que les équipes étrangères se retirent, les secouristes vénézuéliens, souvent peu équipés, poursuivent leurs efforts avec des moyens limités.
Une crise humanitaire aggravée
Les séismes, survenus à quelques jours d'intervalle, ont causé des dégâts considérables dans plusieurs régions. L'ONU estimait déjà que près de 7 millions de personnes étaient affectées. Le retrait des équipes américaines et équatoriennes est un coup dur pour les opérations de sauvetage, alors que des milliers de personnes restent sans abri et que les besoins médicaux et alimentaires sont immenses. Les autorités vénézuéliennes n'ont pas encore commenté officiellement les accusations d'entrave, mais la situation reste tendue sur le terrain.