L'Organisation des Nations unies a suspendu, ce vendredi, le plan d'évacuation des marinés piégés dans le détroit d'Ormuz à la suite d'une attaque dans le golfe d'Oman. L'opération, lancée quelques jours plus tôt, visait à rapatrier plus de 11 000 marins bloqués depuis quatre mois en raison des tensions régionales.
Une reprise du trafic compromise
Le détroit d'Ormuz, voie de transit essentielle pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié, avait connu une timide reprise du trafic ces derniers jours, avec le passage de plusieurs navires, dont un méthanier français et des pétroliers iraniens, après la levée partielle du blocus américain. Toutefois, l'attaque signalée dans le golfe d'Oman a brutalement interrompu cette dynamique. Les autorités onusiennes n'ont pas précisé la nature exacte de l'incident ni l'identité des auteurs présumés.
Des négociations au point mort
Parallèlement, l'Iran a durci sa position vis-à-vis des armateurs, les mettant en garde contre toute traversée sans son autorisation préalable. Téhéran insiste sur le contrôle souverain de cette zone stratégique, tandis que Washington maintient une pression militaire. L'ONU, qui cherchait à organiser un corridor humanitaire, se heurte désormais à un veto de facto des autorités iraniennes, compliquant davantage les efforts de déblocage.
Conséquences économiques et humanitaires
La suspension de l'évacuation aggrave la situation des équipages, privés d'eau potable et de vivres depuis plusieurs semaines. Sur le plan économique, l'incertitude pèse sur les cours du pétrole, qui étaient repartis à la baisse après une hausse liée à l'attaque. Les compagnies maritimes, confrontées à des risques sécuritaires majeurs, hésitent à engager leurs navires dans cette zone sans garantie de protection.
Réactions internationales
Plusieurs capitales occidentales ont appelé à la retenue et à une reprise des négociations, tandis que l'ONU a demandé un accès humanitaire immédiat pour les marins bloqués. Aucun bilan officiel des victimes de l'attaque n'a été communiqué à ce stade. La communauté internationale attend des éclaircissements sur les conditions de cette nouvelle escalade et sur les perspectives d'un apaisement durable dans le détroit d'Ormuz.