La cour d’assises de Paris a condamné ce vendredi Lakhdar M. à 27 ans de réclusion criminelle pour le meurtre et le démembrement de son épouse Assia. L’homme, âgé d’une quarantaine d’années, a été reconnu coupable d’avoir tué sa femme, dont les restes avaient été découverts en 2024 dans le parc des Buttes-Chaumont, dans le 19e arrondissement de la capitale.
À l’énoncé du verdict, le condamné a déclaré : « Je demande le pardon à toute la famille d’Assia », selon des propos rapportés depuis la salle d’audience. La peine est conforme aux réquisitions prises la veille par l’avocat général, qui avait requis vingt-sept ans de réclusion criminelle.
Un crime suivi de la dispersion des restes
Les faits remontent à 2024. Assia, mère de plusieurs enfants, avait disparu. Son corps n’a jamais été retrouvé en entier : ce sont des promeneurs et des jardiniers qui avaient découvert des ossements humains dans le parc des Buttes-Chaumont, un lieu très fréquenté de l’est parisien. L’enquête avait rapidement orienté les soupçons vers le mari, qui avait fini par reconnaître, lors de l’instruction puis à l’audience, avoir étranglé son épouse avant de démembrer son corps et d’en disperser les restes dans différentes parties du parc.
Durant les débats, plusieurs proches de la victime ont témoigné de sa personnalité « lumineuse », tandis que la vie conjugale était décrite comme « dégradée » par les enquêteurs. L’accusé n’avait pas d’antécédents judiciaires pour violences conjugales, mais les experts psychiatriques avaient relevé chez lui une « personnalité perverse narcissique ». Il avait expliqué avoir agi sous l’emprise d’une colère subite.
Un procès marqué par les témoignages des jardiniers
Au cours de cette semaine de procès, la cour a entendu plusieurs témoins clés. Les jardiniers du parc ont raconté avec émotion la découverte macabre des ossements lors de leur travail d’entretien. L’un d’eux avait confié à la barre avoir « senti tout de suite que c’était un os humain ». Ces témoignages ont contribué à établir les circonstances de la dissimulation du crime.
L’avocat général avait souligné la « particulière gravité » des actes, non seulement par le passage à l’acte homicide mais aussi par la volonté de faire disparaître le corps, ce qui avait ajouté à la souffrance de la famille. La partie civile, représentant les parents et les enfants d’Assia, avait demandé que la justice reconnaisse la « barbarie » de ces gestes.
Une peine conforme aux réquisitions
La cour a suivi les réquisitions du ministère public, en fixant la peine à 27 ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté des deux tiers. L’accusé, qui avait déjà été incarcéré depuis son placement en détention provisoire, purgera donc une longue peine avant d’envisager une éventuelle libération conditionnelle.
Ce verdict met un terme à un procès suivi avec attention par les associations de lutte contre les violences faites aux femmes, qui voient dans cette affaire un exemple de la persistance de féminicides au sein du couple, parfois assortis de tentatives de dissimulation du corps pour entraver l’enquête. Le nom d’Assia rejoint la liste des victimes de féminicides en France, où chaque année plusieurs centaines de femmes sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint.