Dans la nuit de jeudi à vendredi, une frappe de l’armée russe a visé le centre historique de Kiev, endommageant gravement la cathédrale de la Dormition, joyau architectural du XIe siècle situé au sein de la Laure des grottes, monastère classé au patrimoine mondial de l’Unesco. L’édifice religieux, l’un des symboles les plus anciens de l’identité spirituelle et culturelle de l’Ukraine, a été partiellement consumé par les flammes avant que les pompiers ne parviennent à maîtriser l’incendie en début de matinée.
Un bilan humain en hausse Parallèlement à ces destructions patrimoniales, les autorités ukrainiennes ont fait état d’au moins six personnes tuées dans l’ensemble des frappes russes enregistrées sur le territoire au cours des dernières vingt-quatre heures. Parmi les victimes figure une fillette de huit ans, selon des informations communiquées par les services d’urgence. Le nombre de blessés n’a pas encore été communiqué de manière définitive, mais plusieurs hôpitaux de la capitale ont reçu des dizaines de civils touchés par des éclats ou des effondrements.
Un site religieux frappé en plein conflit La Laure des grottes de Kiev est un vaste complexe monastique fondé au début du XIe siècle, considéré comme le berceau du monachisme orthodoxe en Europe orientale. Sa cathédrale principale, dédiée à la Dormition de la Vierge, avait déjà subi des dommages lors de la Seconde Guerre mondiale et avait été restituée au culte après la chute de l’Union soviétique. La frappe de cette nuit a provoqué l’effondrement d’une partie de la toiture et de la façade sud, ainsi que la destruction de fresques et d’icônes datant de plusieurs siècles. Des équipes de sauvetage et des spécialistes du patrimoine se sont rendus sur place pour évaluer l’ampleur des dégâts et tenter de sauver ce qui peut encore l’être.
Condamnations et réactions officielles La présidence ukrainienne a dénoncé une « attaque délibérée contre le patrimoine culturel et religieux de l’humanité » et a annoncé qu’elle saisirait les instances internationales compétentes, notamment l’Unesco et la Cour pénale internationale. Le ministère de la Culture ukrainien a qualifié cette frappe de « crime de guerre » et a appelé la communauté internationale à réagir fermement. Aucune déclaration officielle n’a encore été émise par les autorités russes sur ce bombardement précis, qui s’inscrit dans le cadre des frappes répétées visant les infrastructures civiles et les sites historiques ukrainiens depuis le début de l’invasion en 2022.
Un contexte de violences accrues Cet événement survient alors que les frappes russes se multiplient ces dernières semaines à travers l’Ukraine. Dans la région de Donetsk, plusieurs bombardements ont déjà fait des victimes parmi les civils et endommagé des infrastructures critiques. Selon les bilans cumulés des autorités locales, plus d’une vingtaine de personnes ont péri au cours des seuls premiers jours de juin dans des attaques de missiles et de drones, sans que le conflit ne montre de signe d’apaisement. La communauté internationale, par la voix de plusieurs responsables, a renouvelé ses appels à la retenue et au respect du droit international humanitaire, mais sans obtenir de réponse concrète du Kremlin.
Conséquences pour le patrimoine mondial L’Unesco, qui a classé la Laure des grottes sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis 2023, a annoncé l’envoi d’une mission d’urgence pour documenter les destructions et coordonner les mesures de protection des vestiges. Des experts en conservation estiment que la restauration de la cathédrale de la Dormition pourrait prendre plusieurs années et nécessiter des moyens financiers considérables, déjà mis à mal par la guerre.
Les secours restent mobilisés sur le site, tandis que les autorités ukrainiennes poursuivent leur travail d’identification des victimes et de déblaiement. Une enquête pour crime de guerre a été ouverte par le bureau du procureur général ukrainien.