L'Ukraine a subi l'une des plus importantes attaques aériennes russes depuis le début du conflit. Dans la nuit du 1er au 2 juin, l'armée russe a lancé 656 drones et 73 missiles, dont des engins balistiques particulièrement difficiles à intercepter, à travers l'ensemble du territoire ukrainien. L'armée de l'air ukrainienne a confirmé l'ampleur de cette offensive dans la matinée.
Le bilan humain s'avère lourd. Les services de secours et les autorités locales font état d'au moins treize morts et de plus de cent blessés. La capitale, Kiev, a été durement touchée : au moins quatre personnes y ont perdu la vie. Un correspondant sur place a témoigné de scènes d'effroi dans les stations de métro, transformées en abris de fortune : «Je n'ai jamais vu une station de métro aussi pleine», a-t-il rapporté.
Des missiles balistiques parmi les projectiles utilisés
Parmi les 73 missiles tirés, plusieurs étaient des missiles balistiques, une catégorie d'armement que la défense antiaérienne ukrainienne peine davantage à neutraliser. Cette information, communiquée par l'état-major de l'armée de l'air, souligne l'intensité et la diversité des moyens déployés par Moscou pour saturer les défenses ukrainiennes.
Les frappes se sont concentrées sur plusieurs grandes villes et leurs infrastructures critiques. Dans la région de Kiev, des immeubles résidentiels ont été touchés, provoquant des incendies et des opérations de sauvetage. Les équipes de secours ont fouillé les décombres à la recherche d'éventuelles victimes. Selon les premiers bilans des autorités locales, des frappes ont également visé des installations énergétiques et des voies ferrées dans plusieurs oblasts, mais les dégâts précis ne sont pas encore tous connus.
Une défense antiaérienne mise à rude épreuve
L'Ukraine dispose d'un réseau de défense antiaérienne hétérogène, composé de systèmes soviétiques vieillissants et de matériels occidentaux livrés ces dernières années. Face à un tir de saturation de plusieurs centaines de drones et de dizaines de missiles, ce système montre ses limites. La Russie utilise régulièrement des drones leurres ou des engins de faible coût pour épuiser les munitions des batteries antiaériennes, avant de lancer des missiles de croisière ou balistiques plus performants.
Dans les régions de Kharkiv, Dnipro et Odessa, des alertes aériennes ont duré plusieurs heures. Les habitants ont été invités à rester dans les abris. Des photos et vidéos diffusées par les services d'urgence montrent des colonnes de fumée s'élevant au-dessus de plusieurs localités.
Les autorités ukrainiennes dénoncent une escalade
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a évoqué l'attaque dans une déclaration publique, dénonçant une « escalade délibérée » de la part de la Russie. Il a réitéré sa demande auprès des partenaires occidentaux de fournir davantage de missiles antiaériens, notamment des systèmes capables d'abattre les missiles balistiques. Cette requête avait déjà été formulée lors d'un entretien avec le président américain Donald Trump quelques jours plus tôt.
«Chaque nuit, la Russie prouve qu'elle ne cherche pas la paix. Elle cherche à terroriser notre peuple et à détruire nos infrastructures. Nous avons besoin de plus de boucliers aériens», a déclaré le chef de l'État.
Des opérations de secours en cours
À Kiev, les secouristes poursuivaient les recherches sous les décombres d'un immeuble d'habitation partiellement effondré dans le quartier de Darnytsia. Le bilan pourrait encore s'alourdir. Dans d'autres villes, comme Jytomyr et Poltava, des blessés ont été transportés dans les hôpitaux, dont plusieurs dans un état grave.
Cette attaque survient alors que le mois de mai a déjà été marqué par plusieurs vagues de drones et de missiles. Le 31 mai, 229 drones avaient été lancés sur le pays et une autre frappe, dans la nuit du 31 mai au 1er juin, avait fait un mort et 26 blessés. L'offensive du 2 juin semble donc s'inscrire dans une intensification des bombardements russes, visant à peser sur le moral des Ukrainiens et à dégrader leur réseau énergétique avant la saison froide.
Les observateurs notent que l'armée russe utilise désormais régulièrement un nombre très élevé de drones — souvent des modèles Shahed de fabrication iranienne — pour submerger les défenses. L'attaque de la nuit du 2 juin, avec 656 drones, constitue un record récent en termes de volume.