Dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 juillet, la Russie a mené une campagne de bombardements d'une ampleur inhabituelle contre le territoire ukrainien. Selon les autorités militaires, 68 missiles et 351 drones ont été déployés, frappant notamment la capitale Kiev. Les premières minutes de la journée de lundi ont offert un spectacle de désolation : des immeubles d'habitation éventrés sur plusieurs étages, des équipes de secours s'activant dans les décombres fumants, et des milliers de civils réfugiés dans les stations de métro.
Le bilan provisoire fait état d'au moins 22 personnes tuées et de nombreux blessés, dont le nombre exact n'a pas encore été communiqué de manière définitive. Les secouristes poursuivent leurs recherches sous les gravats, tandis que les hôpitaux de la ville sont en état d'alerte maximale pour accueillir les victimes. Cette nouvelle attaque s'inscrit dans une série de frappes massives qui se sont succédé depuis la mi-juin sur la capitale ukrainienne, rappelant les pires moments du conflit.
Zelensky presse l'Otan d'agir
Face à cette escalade, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a renouvelé son appel à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan), dont les dirigeants doivent se réunir à partir du mardi 7 juillet. Dans une déclaration diffusée dans la matinée, il a demandé instamment aux Alliés de fournir davantage de systèmes de défense aérienne pour protéger les villes ukrainiennes. « Chaque missile intercepté, chaque drone abattu, c'est une vie sauvée », aurait-il souligné, insistant sur l'urgence face à des attaques qui visent délibérément des zones résidentielles.
Cette offensive nocturne intervient alors que la communauté internationale observe avec inquiétude la persistance des bombardements russes sur les infrastructures civiles. Les quartiers touchés à Kiev sont majoritairement résidentiels, ce qui laisse présager un nombre de victimes encore susceptible d'augmenter à mesure que les déblaiements progressent.
Des scènes de désolation
Les témoignages provenant de la capitale décrivent une nuit de terreur. Les sirènes ont retenti peu après minuit, suivies par les déflagrations des missiles et des drones qui ont pilonné la ville pendant plusieurs heures. Dans certains secteurs, des immeubles entiers se sont effondrés, piégeant des familles entières sous les décombres. Les équipes de la protection civile, épaulées par des volontaires, travaillent sans relâche pour dégager les survivants.
Les autorités locales ont ouvert des centres d'accueil d'urgence pour les personnes déplacées, tandis que les réseaux de transport et d'électricité ont subi d'importants dégâts. Des coupures de courant et des perturbations dans l'approvisionnement en eau ont été signalées dans plusieurs arrondissements de la ville.
Un contexte de guerre d'usure
Cette attaque massive s'inscrit dans une stratégie de pression continue de Moscou, qui multiplie les frappes à longue portée contre les villes ukrainiennes depuis le printemps. Kiev, en tant que centre politique et symbolique du pays, demeure une cible prioritaire. Les précédentes vagues de bombardements, notamment celles du mois de juin, avaient déjà causé des destructions considérables et un lourd tribut humain.
Le sommet de l'Otan qui s'ouvre mardi à Washington devrait être dominé par la question ukrainienne. Les dirigeants alliés examinent des propositions visant à renforcer les capacités de défense antiaérienne de l'Ukraine, notamment par la livraison de batteries Patriot supplémentaires et d'autres systèmes modernes. Toutefois, les divergences entre certains États membres sur le rythme et l'ampleur de l'aide militaire compliquent la prise de décision.
En attendant, les habitants de Kiev tentent de survivre dans une atmosphère de guerre permanente. Les stations de métro, transformées en abris de fortune, ont accueilli des milliers de personnes durant la nuit. Au petit matin, beaucoup sont remontées à la surface pour découvrir des rues jonchées de débris et de vitres brisées, symbole d'une violence qui ne faiblit pas.