Lundi 15 juin, une importante attaque de missiles russes a visé plusieurs villes ukrainiennes, dont la capitale Kiev. L'une des églises du célèbre complexe orthodoxe de la Laure des grottes de Kiev a été touchée par un incendie, a annoncé le maire de la ville, Vitali Klitschko. Le toit de la cathédrale de la Dormition a été endommagé par une « frappe directe », selon le chef de l'administration militaire locale, Timour Tkatchenko. Des journalistes présents sur place ont constaté qu'une façade était éventrée et que le toit était partiellement détruit. Plus d'une dizaine de camions de pompiers ont été déployés pour lutter contre les flammes.

Le métropolite Epiphane de Kiev, primat de l'Église orthodoxe d'Ukraine, a dénoncé un « crime contre l'humanité, l'Histoire, la chrétienté » et appelé à des prières pour sauver ce sanctuaire. En janvier, des attaques russes avaient déjà endommagé plusieurs bâtiments du complexe, selon le ministère ukrainien de la Culture.

Un contexte de conflit toujours actif

Cette offensive russe de grande ampleur survient alors que les pourparlers de paix entre la Russie et l'Ukraine, en guerre depuis février 2022, patinent depuis des mois. Par ailleurs, un accord entre les États-Unis et l'Iran a récemment ouvert une voie vers la paix au Moyen-Orient, mais le conflit en Europe de l'Est ne montre aucun signe d'apaisement.

À Kiev, des habitants ont couru dans les rues pour se mettre à l'abri, tandis que des explosions illuminaient le ciel, ont rapporté des témoins. Les défenses antiaériennes ukrainiennes ont intercepté plusieurs missiles, mais les dégâts matériels et humains restent importants. À Kharkiv, cinq secouristes ont été tués et au moins cinq autres blessés lors de frappes distinctes, selon des informations concordantes.

La Laure des grottes, monastère aux dômes dorés emblématiques, avait déjà été au centre de tensions ces dernières années après l'expulsion de ses moines, accusés de liens avec Moscou. L'Église orthodoxe ukrainienne s'est officiellement séparée du patriarcat de Moscou en 2022, et le gouvernement ukrainien a interdit en août 2024 la branche pro-russe de l'Église sur son territoire.

Des frappes qui ciblent des sites civils et religieux

Cette attaque s'inscrit dans une série de bombardements russes qui touchent régulièrement des infrastructures civiles et des sites culturels. Selon des observateurs, les frappes contre des lieux de culte sont considérées comme des violations du droit international humanitaire. Les autorités ukrainiennes ont condamné ces actes et appelé la communauté internationale à réagir.

Le bilan humain de cette journée de bombardements est lourd : en plus des victimes de Kharkiv, plusieurs autres localités ont été touchées. Les services de secours poursuivent leurs opérations de déblaiement et de recherche d'éventuelles victimes sous les décombres.

Un symbole religieux et historique menacé

La cathédrale de la Dormition est l'un des édifices les plus vénérés de l'orthodoxie ukrainienne. Sa destruction partielle suscite une vive émotion dans le pays et au-delà. Le métropolite Epiphane a appelé à la mobilisation pour sauver ce qui peut l'être. Des experts en patrimoine se sont rendus sur place pour évaluer les dégâts.

Les autorités ukrainiennes ont promis de restaurer le site dès que possible. « Nous ne laisserons pas l'agresseur détruire notre histoire et notre foi », a déclaré un porte-parole du gouvernement, sous couvert d'anonymat.

Cette attaque rappelle la vulnérabilité des sites culturels en temps de guerre. Depuis le début de l'invasion russe en 2022, l'UNESCO a recensé de nombreux dommages causés à des biens culturels en Ukraine.