Najaf en deuil : des centaines de milliers de fidèles
La dépouille de l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d'Iran assassiné fin février, a entamé ce mercredi 8 juillet une étape cruciale de ses funérailles en Irak. Après une cérémonie massive dans la ville sainte iranienne de Qom, le cercueil a été transporté dans la nuit de mardi à mercredi à l'aéroport international de Najaf. Des milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues de la cité sainte chiite pour accompagner le convoi jusqu'au sanctuaire de l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet et première figure de l'islam chiite. Selon des témoignages sur place, la foule serait si dense qu'aucun décompte précis n'a pu être établi, mais plusieurs observateurs évoquent des centaines de milliers de participants.
Les autorités irakiennes avaient décrété un jour férié sur l'ensemble du territoire pour permettre à la population de se joindre aux processions, qui ont débuté dès 6 heures du matin (03h00 GMT). Les villes de Najaf et de Kerbala, qui abritent deux des sanctuaires les plus vénérés du chiisme, sont les principales destinations de cette halte irakienne avant le retour de la dépouille en Iran.
Président iranien présent, mais visite écourtée
Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui s'était rendu en Irak pour prendre part aux cérémonies, a dû écourter sa visite. Des frappes américaines massives ont été annoncées mardi 7 juillet contre des cibles en Iran, et Téhéran a riposté en visant deux pays du Golfe. Dans ce contexte de tensions extrêmes, le chef de l'État iranien a rapidement regagné son pays. Les funérailles de l'ayatollah Khamenei se déroulent sur fond de guerre ouverte avec les États-Unis et Israël, qui avaient lancé des frappes sur Téhéran le 28 février, coûtant la vie au guide suprême et à plusieurs de ses proches.
L'absence remarquée de Mojtaba Khamenei
Parmi les personnalités présentes aux côtés du cercueil à Najaf figurait l'aîné des fils du défunt, Mostafa Hosseini Khamenei. En revanche, son frère Mojtaba Khamenei, qui a assumé la fonction de guide suprême immédiatement après la mort de son père, continue de briller par son absence lors des processions publiques. Cette discrétion alimente les interrogations sur la stabilité de la succession et la stratégie du nouveau guide, qui n'a pas fait d'apparition publique depuis son accession au pouvoir.
Enterrement à Machhad jeudi
Après le passage en Irak, la dépouille de l'ayatollah Khamenei sera rapatriée en Iran pour y être inhumée. L'enterrement est prévu jeudi 9 juillet dans sa ville natale de Machhad, située dans le nord-est du pays. Le sanctuaire de l'imam Reza, huitième imam du chiisme, s'y trouve et constitue un lieu de pèlerinage majeur. Les autorités iraniennes espèrent que l'ampleur des cérémonies, étalées sur six jours, projettera une image de force et d'unité du régime, alors qu'il est confronté à une guerre dévastatrice et à des défis internes.
Escalade militaire parallèle
Les funérailles se déroulent dans un climat d'extrême tension régionale. Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé mardi une nouvelle vague de frappes contre l'Iran. En réponse, l'Iran a lancé des tirs de riposte contre deux nations de la péninsule Arabique. Cette escalade rappelle que le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qui a déjà coûté la vie au guide suprême, est loin d'être apaisé.