Le rejet de l'accord-cadre par le président du Parlement
Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a officiellement rejeté dimanche 28 juin l'accord-cadre négocié entre le Liban, Israël et les États-Unis, le qualifiant d'« agreement de dictates » incapable de garantir les droits de son pays. Cette déclaration, diffusée par son parti, le mouvement Amal, intervient alors que l'accord prévoit une normalisation des relations entre le Liban et Israël, conditionnée au désarmement du Hezbollah. M. Berri a affirmé que ce texte « ne passera pas et ne sera pas mis en œuvre sous sa forme actuelle », estimant qu'il s'agit d'un arrangement imposé plutôt que d'un accord équilibré.
Hassan Nasrallah et le droit à l'autodéfense
Dès le lendemain, lundi 29 juin, le Hezbollah a publié un communiqué dans lequel il réaffirme son droit à l'autodéfense. Le mouvement chiite libanais y dénonce les attaques israéliennes menées dans le sud du pays, malgré la trêve en vigueur. Le texte précise que « l'ennemi a commis une violation flagrante du cessez-le-feu » auquel le Hezbollah assure jusqu'ici s'être conformé. L'organisation déclare surveiller ces transgressions et se réserve le droit de défendre son peuple et son territoire.
Des frappes israéliennes récentes
Ces prises de position font suite à de nouvelles actions militaires israéliennes. L'armée israélienne avait annoncé, quelques jours plus tôt, avoir détruit un tunnel de 200 mètres utilisé par le Hezbollah dans un village du sud du Liban. Ces opérations, bien que limitées, ravivent les tensions alors que la trêve américano-iranienne peine à stabiliser la situation.
Le contexte régional : trêve entre Washington et Téhéran
Parallèlement, les États-Unis et l'Iran ont convenu, selon un responsable américain, de mettre fin aux frappes réciproques et de permettre la libre circulation des navires dans le détroit d'Ormuz. Des discussions techniques devraient se poursuivre sur tous les volets du protocole d'accord, avec une prochaine réunion prévue mardi à Doha, au Qatar. Cette accalmie entre les deux puissances, bien que saluée, n'a pas empêché les récentes violations au Liban.
Un accord-cadre déjà contesté
L'accord-cadre signé le 26 juin à Washington entre Israël et le Liban, parrainé par les États-Unis, subit des critiques croissantes. Le Hezbollah, absent des négociations, avait déjà exprimé son refus catégorique de tout accord conditionnant le retrait israélien à son désarmement. Nabih Berri, bien que proche du mouvement, avait participé aux discussions officielles, mais son rejet public marque une rupture significative.
Implications pour la stabilité régionale
Ce rejet risque de compromettre les efforts de médiation américaine et de raviver les craintes d'une reprise des hostilités. Le mécanisme de contrôle annoncé en juin, qui devait garantir le cessez-le-feu, paraît désormais affaibli. Alors que les factions libanaises restent divisées sur la conduite à tenir, la pression internationale s'accroît pour empêcher une escalade. Le Hezbollah, en insistant sur son droit à riposter, maintient la menace d'une réponse militaire en cas de nouvelles incursions.
Conclusion
Le front diplomatique libanais semble se fissurer, tandis que les positions du Hezbollah et de son allié parlementaire se durcissent. L'équilibre déjà fragile entre espoirs de paix et réalité des violences se trouve mis à l'épreuve par ce refus catégorique. L'avenir de l'accord-cadre et la stabilité du sud du Liban restent désormais suspendus aux prochaines initiatives.