L'instance chargée de l'organisation des scrutins au Pérou a officialisé la victoire de Keiko Fujimori à l'élection présidentielle. La leader du parti Fuerza Popular devient ainsi la première femme élue à la tête de l'État péruvien, succédant à un mandat marqué par une forte instabilité politique. L'annonce met fin à une période d'attente qui a suivi un second tour extrêmement disputé, où l'écart entre les deux candidats s'est avéré particulièrement mince.

Keiko Fujimori, figure centrale de la droite conservatrice péruvienne, s'est imposée face à son adversaire Roberto Sánchez, candidat de gauche, à l'issue d'un scrutin qui a vu les deux camps revendiquer la victoire durant plusieurs semaines. La décision de l'autorité électorale confirme les résultats préliminaires qui donnaient la fille de l'ancien président Alberto Fujimori en tête, avec une avance trop faible pour être contestée par un recomptage général, bien que le camp Sanchez ait dénoncé des irrégularités et appelé à la résistance.

Cette proclamation, bien que mettant un terme à l'incertitude électorale, ne dissipe pas les inquiétudes exprimées par de nombreux observateurs quant à la santé démocratique du Pérou. Le pays, qui connaît son neuvième chef d'État en une décennie, doit désormais composer avec une opposition déterminée et une société profondément polarisée. La nouvelle présidente hérite d'une nation confrontée à des défis économiques, sociaux et politiques majeurs.

Le mandat de Keiko Fujimori s'ouvre sous le signe de la vigilance, tant au niveau national qu'international, quant au respect des institutions et de l'État de droit. Ses opposants redoutent un recul des libertés et une concentration des pouvoirs, tandis que ses partisans saluent la stabilité promise par un gouvernement conservateur. Les semaines à venir seront scrutées pour évaluer la capacité de la nouvelle administration à rassembler et à répondre aux attentes des Péruviens.