Les cours du pétrole et les places boursières mondiales évoluaient prudemment vendredi, au gré d’indices convergents d’un rapprochement entre Washington et Téhéran en vue d’un accord préliminaire pour mettre fin au conflit. Les négociateurs examinent un nouveau mémorandum d’entente qui semble proche de recueillir l’aval des deux camps, même si des divergences subsistent sur plusieurs dispositions clés, notamment le sort du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les pétroliers et méthaniers en provenance du Moyen-Orient.

Les prix du pétrole hésitent

Le baril de Brent, référence internationale, oscillait entre de légers gains et des baisses, s’échangeant dans une fourchette de 92 à 93 dollars pour livraison en août, contrat le plus actif à ce jour. Le brut léger américain (West Texas Intermediate) cédait un peu de terrain, s’établissant juste en dessous de 89 dollars le baril pour livraison en juillet, son échéance la plus négociée. Ces mouvements traduisent l’incertitude des opérateurs face aux signaux contradictoires d’une semaine marquée par des échanges de tirs sporadiques entre forces américaines et iraniennes, soulignant les risques d’escalade comme la fragilité de la trêve en vigueur.

Les Bourses asiatiques et européennes repartent à la hausse

Les marchés d’actions asiatiques, où les pays importent d’importants volumes d’hydrocarbures, ont majoritairement progressé. L’indice KOSPI sud-coréen a bondi de 3,5 %, tandis que les Bourses du Japon et de Taïwan ont gagné plus de 2 %. En Europe, l’indice paneuropéen Stoxx 600 s’inscrivait en hausse modérée. Aux États-Unis, les contrats à terme sur le S&P 500 laissaient entrevoir une légère progression à l’ouverture, après que l’indice a inscrit de nouveaux records ces derniers jours, en route pour sa neuvième semaine consécutive de gains.

Le prix de l’essence recule encore

Le prix moyen du gallon d’essence ordinaire aux États-Unis a diminué de quatre cents pour s’établir à 4,39 dollars, selon le club automobile AAA. Ce coût reste toutefois 47 % plus élevé qu’avant le début du conflit. Le gazole, lui, s’affichait en moyenne à 5,52 dollars le gallon, soit une hausse également de 47 % depuis le déclenchement de la guerre. Les prix à la pompe ne suivent pas instantanément ceux du brut, mais réagissent généralement avec un décalage de quelques jours.

Les discussions butent encore sur le détroit d’Ormuz

Si les grandes lignes du mémorandum semblent acceptées, la question de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz – par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial – demeure une pomme de discorde. Les négociateurs tentent de trouver une formule qui garantirait la sécurité des navires sans donner l’impression à l’une ou l’autre partie qu’elle cède sur ses principes. Aucune annonce officielle n’est attendue avant le début de la semaine prochaine, mais les marchés anticipent un possible déblocage, tout en restant vigilants face à une reprise des hostilités.