Le prix moyen de l'essence aux États-Unis est repassé sous la barre des quatre dollars le gallon, une première depuis plusieurs mois, après la conclusion d'un accord préliminaire entre Washington et Téhéran. Selon l'AAA, le club automobile de référence, la moyenne nationale pour un gallon de carburant ordinaire s'est établie à un niveau légèrement inférieur à quatre dollars, contre 4,03 dollars la veille.
Cette baisse intervient alors que les cours du pétrole ont chuté d'environ 10 % au cours de la semaine écoulée, dopés par les perspectives de réouverture du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le transport des hydrocarbures. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a joué un rôle de médiateur, a indiqué sur le réseau social X que le mémorandum d'entente avait été signé par voie électronique par les présidents américain et iranien, et que l'accord de cessation des hostilités pour une durée de soixante jours ainsi que la réouverture du détroit et la levée du blocus naval américain entreraient en vigueur immédiatement.
Les prix de l'essence avaient grimpé en flèche après le début des frappes américano-israéliennes contre l'Iran fin février, atteignant environ 4,50 dollars le gallon en mai. Au plus fort de la crise, les cours du pétrole brut avaient frôlé les 120 dollars le baril, un record depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Avant le conflit, le prix de l'essence oscillait autour de trois dollars le gallon. Il reste aujourd'hui environ un tiers plus élevé qu'avant le début des hostilités.
Le président américain, Donald Trump, s'est félicité de cette évolution lors du sommet annuel du Groupe des sept en France, déclarant que les prix se rapprochaient des niveaux d'avant-guerre. Cette tendance ne concerne pas uniquement l'essence : le gazole, dont le prix était de 5,13 dollars le gallon, a également baissé par rapport à son pic de plus de 5,60 dollars enregistré un mois plus tôt, offrant un répit aux transporteurs routiers, aux agriculteurs et aux autres gros consommateurs.
L'impact de la flambée des carburants s'est fait sentir bien au-delà des stations-service. Les tarifs aériens avaient augmenté de près de 27 % en mai, sous l'effet de la hausse du prix du kérosène. Les économistes rappellent toutefois que la baisse du brut met du temps à se répercuter totalement sur le prix final à la pompe. Les disparités régionales restent marquées : dans les Grandes Plaines et le Sud des États-Unis, certaines zones voient déjà des prix proches de 3,50 dollars le gallon, tandis que sur la côte Ouest, les tarifs demeurent bien au-dessus de quatre dollars.