Roberto Sanchez, candidat de la gauche péruvienne, a officiellement reconnu la victoire de Keiko Fujimori à l’élection présidentielle, mettant un terme à sa contestation du scrutin. Dans une déclaration rendue publique lundi, le député et son parti ont indiqué « reconnaître que le Jury national des élections a officiellement proclamé les résultats électoraux ». Cette annonce intervient plusieurs jours après que l’instance électorale a certifié la victoire de Mme Fujimori au second tour, le 7 juin dernier.

Au terme d’un dépouillement qui s’est étiré sur des semaines, Keiko Fujimori l’a emporté avec une avance extrêmement mince : environ 9,223 millions de suffrages contre 9,173 millions pour M. Sanchez, soit un écart de quelque 50 000 voix. Le scrutin a été marqué par des problèmes logistiques dans les bureaux de vote, des délais de comptage inhabituellement longs et des accusations de fraudes portées par le camp du perdant.

Jusqu’à cette reconnaissance, M. Sanchez avait adopté une ligne inflexible. Fin juin, il avait annoncé qu’il ne reconnaîtrait pas une présidence Fujimori et appellerait à « un mouvement de résistance populaire et patriotique ». Les observateurs électoraux avaient alors démenti l’existence de preuves étayant ses allégations d’irrégularités. Lundi, ce revirement marque la fin de l’incertitude politique qui pesait sur le pays.

Âgé de 57 ans, Roberto Sanchez est membre du Congrès et a construit sa campagne sur un discours favorable aux populations rurales et autochtones, dans la continuité de l’ancien président Pedro Castillo – destitué et arrêté en 2022 après avoir tenté de dissoudre le Parlement. Il arborait sur les traces du même type de chapeau de paille à large bord, typique des Andes du Nord. Parmi ses propositions phares figuraient une refonte de la Constitution pour accorder davantage de reconnaissance et d’autonomie aux groupes ethniques, un contrôle étatique accru des ressources naturelles et une hausse de la fiscalité sur les plus hauts revenus.

Keiko Fujimori, 51 ans, fille de l’ancien président Alberto Fujimori, a quant à elle mené une campagne axée sur la sécurité et la lutte contre la criminalité. Elle s’est engagée après sa proclamation à œuvrer pour l’unité nationale. Sa candidature a bénéficié du soutien de l’administration du président américain Donald Trump, qui a adopté une approche militarisée face au crime organisé en Amérique latine.

Le scrutin présidentiel de 2026 – le neuvième en dix ans au Pérou – a vu s’affronter 33 candidats au premier tour en avril avant que MM. Fujimori et Sanchez ne se retrouvent au second tour. La reconnaissance tardive de la défaite par ce dernier lève désormais le dernier obstacle à l’installation de la nouvelle présidente, qui devra faire face à un pays profondément divisé et à une opposition parlementaire déterminée.