La procureure Rosemary Walsh a livré sa plaidoirie finale devant la Crown Court de Newry, invitant le jury à se remémorer la « douleur et souffrance encore si visibles » des deux femmes accusant Sir Jeffrey Donaldson d'abus sexuels durant leur enfance. L'avocate générale a décrit la procédure comme « longue et ardue » pour les plaignantes, toutes deux connues sous les pseudonymes de Plaignante A et Plaignante B.
Mme Walsh a souligné que ces femmes, après avoir porté plainte auprès de la police en mars 2024, n'avaient pas entrepris cette démarche à la légère. « Ce n'est pas une promenade de santé. Ce n'est pas quelque chose qu'elles font pour s'amuser ou pour le principe », a-t-elle déclaré au jury. Elle a expliqué que les deux plaignantes avaient, pendant des années, mis de côté leurs souvenirs, mais que des « tournants » dans leur vie les avaient finalement poussées à dénoncer les faits.
Un parcours semé d'embûches
La procureure a précisé que la Plaignante A savait que cette affaire ne serait pas ordinaire en raison de la notoriété de Sir Jeffrey, ancien dirigeant du Parti unioniste démocrate (DUP). « Elle a dû faire face à toutes les connotations qui en découlaient », a indiqué Me Walsh, ajoutant que sa décision de porter plainte avait été « énorme, immense, et non prise à la légère ».
Concernant la Plaignante B, l'avocate générale a rapporté qu'elle s'en était voulu de ne pas avoir parlé plus tôt, estimant qu'elle aurait pu empêcher les agressions subies par la Plaignante A. Bien qu'elle ait confié à plusieurs personnes — un pasteur chrétien, les fondateurs d'un centre chrétien et une amie — avoir été abusée durant son enfance, elle n'avait jamais révélé « les détails sordides » parce que « personne ne lui avait demandé ». « Le sujet est resté intact, le nid de guêpes évité », a résumé la procureure.
Rappel des charges
Sir Jeffrey Donaldson plaide non coupable de 18 chefs d'accusation pour violences sexuelles, dont un viol, qui auraient été commis entre 1985 et 2008. Il conteste notamment des actes d'indécence grave et d'agression indécente à l'encontre de la Plaignante A, alors qu'elle était mineure, entre 1999 et 2008. Il nie également des faits plus anciens remontant à 1985, dont le viol de la Plaignante B.
Parallèlement, le jury doit aussi statuer sur la situation de Lady Eleanor Donaldson, l'épouse de l'accusé, dans le cadre d'une procédure de constatation des faits. Elle avait été jugée inapte à subir un procès classique pour raisons de santé mentale et ne participe donc pas aux débats. Elle conteste cinq chefs d'accusation pour complicité.
Le procès se poursuit.