Le procès de Sir Jeffrey Donaldson, ancien chef du Parti unioniste démocrate (DUP), s'est poursuivi jeudi devant la Crown Court de Newry avec l'interrogatoire de la première plaignante par la défense. L'avocat Kieran Vaughan KC a tenté de dissocier une lettre écrite en juin 2020 par son client des accusations d'abus sexuels portées contre lui.
Cette lettre, lue à l'audience, exprimait des « regrets » pour la « souffrance, la douleur et la détresse » infligées par Sir Jeffrey. La plaignante, désignée comme « plaignante A », avait précédemment déclaré au tribunal qu'elle y voyait « une tentative d'excuses pour les abus qui avaient eu lieu ». Mais Me Vaughan a contesté cette interprétation, affirmant qu'il s'agissait d'excuses pour d'autres « comportements » sans lien avec les agressions alléguées.
L'avocat a également reproché à la plaignante de ne pas avoir précisé le contexte de cette lettre lorsqu'elle l'avait remise à la police en mars 2024. « Cela n'a rien à voir avec vous et une agression sexuelle », a-t-il martelé. La plaignante a répliqué : « C'est un homme très intelligent. Il n'écrirait jamais noir sur blanc ce qu'il a fait, mais il peut fortement suggérer et laisser entendre qu'il est désolé. À sa manière, il utilise cette lettre comme une forme d'excuses, mais ce n'en est pas une. » Elle a ajouté que le message reconnaissait un « péché » sans aucun détail, ce qui était insuffisant à ses yeux.
Allégations de longue date
Sir Jeffrey Donaldson, 63 ans, est jugé pour 18 chefs d'accusation d'abus sexuels, dont un viol, qu'il conteste. Les faits visent deux victimes présumées. Concernant la plaignante A, les accusations portent sur des actes d'indécence et d'attentat à la pudeur commis entre 1999 et 2008, alors qu'elle était mineure. Elle affirme notamment que l'ancien député lui a frotté la poitrine, l'a embrassée de façon inappropriée et a braqué une lampe de poche sur sa zone génitale, en trois occasions distinctes. Selon elle, l'épouse de Sir Jeffrey, Lady Eleanor Donaldson, aurait été témoin de l'un de ces incidents sans intervenir.
Les autres accusations, remontant à 1985, concernent une seconde femme, désignée comme « plaignante B », également mineure à l'époque des faits présumés. Elles incluent notamment un viol.
Lady Donaldson jugée dans un cadre particulier
Lady Eleanor Donaldson, 64 ans, est également mise en cause pour cinq chefs d'aide et d'encouragement à ces abus, qu'elle nie. Elle a été déclarée inapte à subir un procès classique en vertu du Mental Health (Northern Ireland) Order. En conséquence, un « procès des faits » est mené séparément, sans sa participation.
Lors des échanges, l'avocat de Sir Jeffrey a également évoqué des communications entre la plaignante A et son client, qu'il a qualifiées de « badinage amical », en contradiction selon lui avec la gravité des accusations. La plaignante a rejeté cette analyse, affirmant que « les faits sont les faits » et qu'elle s'y tenait.
Le procès, qui a débuté cette semaine, devrait durer plusieurs semaines. La défense continue de contester l'ensemble des charges, tandis que l'accusation s'appuie sur les témoignages des deux femmes.