Les États-Unis et l'Iran ont annoncé une suspension réciproque des hostilités et la reprise imminente des négociations, après une période de regain de tensions dans le détroit d'Ormuz. Un responsable américain a fait savoir, dimanche 28 juin, que les deux parties prévoient de poursuivre leurs discussions techniques sur l'ensemble des points du protocole d'accord déjà signé à distance, et de cesser leurs attaques "pour le moment".

Un accord de principe pour la libre circulation

Selon ce haut responsable, les navires pourront à nouveau circuler librement dans le détroit d'Ormuz et ses abords, une question qui avait été au cœur des affrontements récents. Cette annonce intervient après plusieurs jours marqués par des accusations mutuelles de violation de l'accord, et par des incidents, dont un pétrolier touché par un projectile non identifié dans la zone stratégique.

Le responsable américain n'a toutefois pas confirmé les informations évoquant une rencontre entre délégations américaine et iranienne prévue mardi au Qatar. Cette nouvelle session de pourparlers, si elle se confirme, prolongerait les cycles de négociations entamés les semaines précédentes.

Un cadre technique maintenu

Les échanges doivent se concentrer sur les modalités techniques du protocole d'accord, qui prévoit notamment la levée de certaines sanctions, la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, et des mesures de dilution de l'uranium. Les discussions les plus récentes s'étaient tenues en Suisse, sans parvenir à régler toutes les divergences.

Cette suspension mutuelle des hostilités, bien que présentée comme provisoire, marque une volonté des deux capitales de ne pas laisser les tensions dégénérer en conflit ouvert. L'Iran avait prévenu que toute ingérence dans sa gestion du détroit d'Ormuz risquait d'"accroître les tensions" dans la région.

Un protocole déjà signé à distance

Le protocole d'accord entre Washington et Téhéran avait été rendu public mi-juin. Il comporte 14 points, dont une feuille de route de 60 jours pour les premières étapes de la désescalade, et la création d'une cellule de gestion des conflits au Liban. Le guide suprême iranien avait donné son feu vert à ce texte, signé à distance.

La dynamique de ces dernières semaines avait alterné entre avancées diplomatiques et reprise des hostilités, notamment après le passage de deux pétroliers iraniens dans le détroit d'Ormuz à la suite de la levée du blocus américain.

Un équilibre fragile

La situation reste marquée par un équilibre fragile entre les deux puissances. Les États-Unis et l'Iran s'étaient accusés mutuellement de ne pas respecter les termes de l'accord dans les jours ayant précédé cette annonce de suspension. Le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour une part significative du trafic pétrolier mondial, avait été le théâtre d'incidents qui avaient ravivé les craintes d'une escalade. La nouvelle suspension des hostilités, si elle est confirmée par les faits sur le terrain, pourrait permettre de maintenir ouverte la voie diplomatique.