Les autorités sud-africaines ont communiqué un nouveau bilan des départs d’étrangers contraints de fuir le pays : au moins 67 000 personnes ont quitté le territoire depuis le 27 juin. Ce chiffre, qui dépasse largement les 53 000 départs recensés à la mi-juillet, illustre l’accélération d’un exode provoqué par une campagne de groupes hostiles à l’immigration illégale.

Ce mouvement, actif principalement dans les townships, sème la terreur parmi les communautés étrangères. Les témoignages rapportent des pressions quotidiennes, des menaces et des violences qui poussent des milliers de personnes à abandonner leur domicile et leur emploi. Des récits évoquent des licenciements et des expulsions de logements, aggravant une situation humanitaire déjà critique.

Le précédent bilan, qui faisait état de 53 000 départs en un mois, avait été rendu public le 19 juillet. En quelques jours seulement, ce nombre a donc augmenté de près de 14 000, soit une progression de 26 %. Selon les autorités, le total réel pourrait être encore plus élevé, car de nombreux départs ne sont pas enregistrés officiellement, notamment ceux qui se font par des voies informelles.

Depuis le début de l’été, l’Afrique du Sud est le théâtre d’une vaste mobilisation xénophobe. Un ultimatum fixé au 30 juin avait déjà provoqué le départ de plus de 25 000 migrants. Malgré le déploiement de forces de sécurité et l’intervention des autorités, la pression sur les ressortissants africains ne faiblit pas. Les quartiers populaires, où vivent de nombreux étrangers, restent sous la menace de raids et d’intimidations orchestrés par des groupes d’autodéfense.

Le gouvernement sud-africain a condamné ces actions et affirme renforcer les mesures de protection, mais la peur domine. Des milliers de familles ont tout perdu et cherchent à regagner leurs pays d’origine, notamment le Malawi, la Zambie ou le Zimbabwe. Les pays voisins, déjà fragiles, doivent faire face à un afflux soudain de personnes déplacées.

Cette crise révèle les tensions profondes qui traversent la société sud-africaine, entre chômage élevé, inégalités et rejet des étrangers, souvent accusés de voler les emplois. Alors que le nombre de départs continue de grimper, les organisations humanitaires alertent sur une catastrophe en cours, tandis que les manifestants promettent de maintenir une mobilisation hebdomadaire jusqu’à l’application complète de leurs revendications.